Première grosse tuile pour le "Rassemblement national" prôné par Marine Le Pen

©REUTERS

Ils ont dit avoir réfléchi pendant plusieurs semaines avant de choisir le nom de "Rassemblement national" pour remplacer le nom historique "Front national" et ainsi poursuivre leur stratégie de dédiabolisation. Un choix qui devait encore être approuvé par les militants frontistes mais que les dirigeants du FN vont devoir... déjà changer! Pas question pour Marine Le Pen qui va porter plainte.

"Rassemblement national". C'est ainsi que Marine Le Pen, réélue à la présidence du Front national ce dimanche lors d'un grand congrès de la refondation du parti à Lille, veut rebaptiser le parti historique de son père, Jean-Marie Le Pen, exclu de la présidence d'honneur.

Ce nom, que les dirigeants frontistes ont déclaré avoir potassé pendant des semaines avant de le proposer à leurs militants dans l'attente de leur approbation, ne pourra toutefois pas être utilisé. Pourquoi? Et bien tout simplement parce qu'il s'agit déjà du nom d'un autre parti français. Son président, Igor Kurek, s'est amusé de "l'amateurisme" de Marine Le Pen sur Twitter.

"La réalité: c'est que le Rassemblement national (RN) existe déjà... et continuera d'exister en présentant notamment des listes aux municipales de 2020", indique Igor Kurek, qui conclut: "Le RN est de droite gaulliste et républicaine, le FN est d'extrême droite. Le FN ne sera jamais le RN et le RN ne sera jamais le FN".

 Le nom de "Rassemblement national" a déjà été déposé en 2013 auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) et ne peut donc pas être utilisé comme appellation pour le "nouveau" Front national, mais dont beaucoup critiquent le changement uniquement cosmétique tandis que le parti reste, au fond, bel et bien d'extrême droite.

"Le RN est de droite gaulliste et républicaine, le FN est d'extrême droite. Le FN ne sera jamais le RN et le RN ne sera jamais le FN".
Igor Kurek

Le président du "Rassemblement national" (RN), qui est un parti "souverainiste mais pas d'extrême droite", a donc fait savoir sur Twitter qu'il ne comptait absolument pas le céder au Front national. Une réaction que la dirigeante frontiste n'aura pas de mal à découvrir puisqu'elle est elle-même abonnée au compte du RN.

Changer de nom, un "assassinat politique"

Le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a jugé ce lundi que le changement du nom du parti était un "assassinat politique". "Je trouve désastreux que l'on abandonne le nom du Front national car c'est un repère inimitable et incontournable", a-t-il dit sur France inter.

"Le Front national qui a 46 ans, qui a mené bataille comme un brise-glace dans l'Arctique pendant des années et des années. C'est plus qu'une appellation, c'est plus qu'un groupement, c'est une âme. C'est une histoire, c'est un passé. Et faire fi de tout cela me paraît désastreux."

"Marine Le Pen a manqué d'imagination, semble-t-il, parce que Rassemblement national ce n'est pas franchement très nouveau. En effet, je l'ai déjà utilisé deux fois, une fois aux cantonales en 1985 et aux législatives en 1986", a ajouté Jean-Marie Le Pen, qui a assuré qu'il n'adhérerait pas au "Rassemblement national" et a ouvert la porte à l'idée de réutiliser le nom du Front national pour des projets à venir.

"Si Madame Le Pen abandonne le titre de Front national, je crois que j'ai plus le droit que quiconque à en user", a-t-il dit sans préciser la nature de ses projets.


Le Pen porte plainte

Et Marine Le Pen n'a pas tardé à réagir puisqu'elle a déjà annoncé sur RTL qu'elle comptait porter plainte contre le président du parti "souverainiste". Selon elle, son parti avait déposé le nom "Rassemblement national" dès 1986 et elle accuse Igor Kurek d'utilisation frauduleuse de la flamme, l'emblème du Front national.

Reste à voir si, outre le fait que Jean-Marie Le Pen affirme avoir utilisé le nom en 1985 et 1986, le FN avait bel et bien déposé le nom "Rassemblement national" en 1986. Si tel est le cas, Igor Kurek n'avait pas le droit de le (re)déposer en 2013. C'est au déposant de vérifier de la disponibilité d'un nom, a précisé l'INPI. Il peut donc toujours être sujet à poursuite.

Une situation ubuesque qui risque de ne pas faire rire grand-monde dans les rangs du FN et qui va sans nulle doute faire jaser dans les prochains jours.

 

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