Puigdemont renonce "provisoirement" à présider la Catalogne

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Carles Puigdemont, le leader indépendantiste catalan, a annoncé qu'il renonçait à la présidence de la Catalogne. Cela pourrait se faire au profit d'un autre indépendantiste, Jordi Sanchez.

Dans une vidéo postée ce jeudi sur les réseaux sociaux, le président catalan destitué Carles Puigdemont a annoncé qu'il retirait provisoirement sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la région. "J'ai informé le président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l'investiture comme président", a expliqué Puigdemont, qui serait arrêté s'il rentrait en Espagne.

L'indépendantiste indique que son parti proposera la candidature de Jordi Sanchez, partisan de l'indépendance catalane actuellement en prison pour sédition. "Cette décision ne se fonde que sur une seule raison: dans les circonstances actuelles, elle est le moyen d'avoir un nouveau gouvernement en marche", explique Puigdemont.

La désignation de Sanchez, qui met fin au suspense entretenu autour de la candidature de Puigdemont, sera sans doute tout aussi difficile. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a suspendu l'autonomie de la Catalogne en octobre dernier, a en effet déclaré jeudi que le futur président de l'exécutif régional devrait "être en Espagne, pas en prison et ne pas avoir de problèmes avec la justice".

Cette décision a été prise alors que le Parlement catalan a adopté ce jeudi une résolution affirmant que Carles Puigdemont est le "candidat légitime" à la présidence de la Généralité.

Jordi Sanchez, indépendantiste catalan, pourrait devenir le président de la Catalogne... ©AFP

Dans ce texte, initié par les partis séparatistes Junt per Catalunya (JxCAT), l’ERC (gauche radicale) et la CUP (extrême gauche), les indépendantistes intiment le gouvernement espagnol de "cesser ses ingérences" dans les affaires régionales. Ils soutiennent aussi le résultat du référendum du 1er octobre dernier.

Toutefois, ils évitent de provoquer ouvertement Madrid. Les mentions les plus dures, du type "sécession unilatérale", proposées par la CUP, ont été gommées. Ainsi, la résolution ne ratifie pas la déclaration d’indépendance de la Catalogne adoptée le 27 octobre.

Le parti d’opposition Ciudadanos (libéral), dont les amendements ont été systématiquement refusés, a averti que la résolution ferait l’objet d’un recours en annulation devant la Cour constitutionnelle.

Ce vote intervient alors que la Cour constitutionnelle s’est opposée le 27 janvier à l’investiture à distance de Carles Puigdemont, en exil en Belgique pour échapper aux poursuites et à la prison dans son pays. La cérémonie prévue trois jours plus tard, avait été annulée.

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