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Quand Charles Michel veut une Europe à sa sauce

©EPA

Le premier ministre veut renforcer les contrôles au sein de l'espace Schengen suite à l'attentat déjoué dans un Thalys vendredi. Du côté de la Commission européenne, on s'insurge: pas question de modifier les règles. Il existe déjà des manières de renforcer la sécurité.

L'espace Schengen abolit les frontières intérieures entre 26 Etats européens. Concrètement, quand vous passez d'un pays membre à un autre, vous ne faites pas face à des douanes et des contrôles. Pas besoin de passeport non plus

"Nous sommes maintenant confrontés à de nouvelles menaces en Europe et donc nous allons peut-être devoir aller vers une adaptation et de nouvelles règles lors de contrôles des identités et des bagages."
Charles Michel
Premier ministre

Mais voilà, après l'attentat déjoué dans le Thalys entre Bruxelles et Paris vendredi, les contrôles risquent de revenir à la mode. Le Premier ministre belge Charles Michel a demandé la tenue d'une réunion d'urgence avec la France, l'Allemagne et les Pays-Bas. Il a suggéré durant le week-end que l'accord de Schengen soit adapté "lors de contrôles des identités et des bagages".

 

Des contrôles supplémentaires limités

Les règles de Schengen ne sont pas négociables, affirme lundi un porte-parole de la Commission européenne, en réponse à la proposition de Charles Michel. Il estime que des "outils suffisants" sont déjà disponibles au sein de l'accord Schengen pour assurer la sécurité. En effet, la législation européenne tolère des contrôles de sécurité supplémentaires, ainsi que la réintroduction exceptionnelle de contrôles aux frontières durant 30 jours maximum pour répondre à une menace terroriste.

Oui, mais... Des contrôles de police additionnels ne peuvent pas avoir le même effet que des contrôles frontaliers, a encore précisé un porte-parole. "Le raisonnement derrière les contrôles est qu'ils doivent avoir un champ d'action qui compense la menace."

Attention aux réactions impulsives

La Commission européenne a également mis en garde contre des "conclusions hâtives" et des "réactions impulsives". "Il ne peut y avoir des contrôles partout, pour tous les trains, tout le temps", a évoqué le porte-parole, la Commission préconisant une approche "proportionnelle".

"Il ne peut y avoir des contrôles partout, pour tous les trains, tout le temps."
Porte-parole de la Commission européenne

"Démanteler Schengen n'est probablement pas la réponse à apporter", a commenté une autre source européenne, évoquant également les difficultés liées à la sécurisation des gares. "Appliquer le système de contrôle comme pour l'Eurostar est légalement envisageable mais pratiquement douteux vu la complexité pour les voyageurs."

D'éventuelles nouvelles mesures législatives sur la sécurité, et notamment sur la sûreté des lignes de train à haute vitesse, seront probablement abordées lors d'une réunion des ministres européens des Transports prévue le 8 octobre prochain.

Les discussions pourraient être nourries par les travaux déjà menés au sein d'un groupe technique établi depuis 2012 et réunissant des représentants de la Commission européenne, des Etats membres et de l'industrie.

"La Commission européenne fait preuve de disponibilité technique et politique pour avancer sur ce sujet et manifeste de la sorte sa volonté d'avancer", a encore précisé le porte-parole.

Sur l'attaque déjouée en elle-même, la Commission européenne a fermement condamné ces actes et fait part de son soutien aux autorités belges et françaises. "Il y a une dimension européenne et transfrontalière qui appelle à une réponse commune. La Commission est déterminée à aider les Etats membres dans cette lutte contre la menace posée par le terrorisme", a commenté le porte-parole.

Ecolo a regretté lundi les "réactions à l'emporte-pièce" du gouvernement, après l'attentat déjoué vendredi dans un train Thalys.

"Assurer la sécurité des citoyens, ce n'est pas faire de la musculation en restreignant les libertés de tous mais se donner les moyens de l'efficacité", ont souligné les co-présidents Zakia Khattabi et Patrick Dupriez dans un communiqué.

"Nous entendons que l'on va multiplier les contrôles dans les gares internationales et installer des portiques mais qui nous dit que le prochain projet d'attentat concernera les gares internationales? A moins d'installer des portiques devant chaque habitation, ces mesures ressemblent une nouvelle fois à un trompe l'oeil assurant une apparence de sécurité comme c'est le cas avec les militaires en rue", ont-ils ajouté.

→ La Commission de l'Intérieur de la Chambre se réunira lundi prochain, à 15h00. Plusieurs partis de l'opposition ont réclamé la tenue de cette séance à la suite des événements de vendredi et des mesures annoncées par le gouvernement. 

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