Quatre conditions pour éviter un Brexit

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Le Premier ministre britannique, David Cameron, l'affirme: un referendum sera organisé sur une sortie éventuelle de l'Union européenne avant la fin 2017.

Le Premier ministre britannique David Cameron a présenté mardi ses quatre objectifs dans le processus de renégociation avec les autres États membres de l'UE, n'excluant pas de "reconsidérer" l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE s'il n'obtenait pas ce qu'il veut.

Lors d'un discours au centre de réflexion Chatham House, le dirigeant britannique s'est dit "confiant" sur le fait de trouver un accord avec l'UE. Mais David Cameron a assuré qu'il "reconsidérera" l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE s'il n'obtient pas les réformes demandées, alors qu'un référendum sur la question doit être organisé dans le pays d'ici fin 2017.

"N'oubliez jamais que l'Union européenne compte maintenant 28 anciennes nations d'Europe, que la diversité est la plus grande force de l'Europe. La Grande-Bretagne dit : 'Réjouissons-nous de ce fait, reconnaissons que la réponse à tous les problèmes n'est pas toujours plus d'Europe. C'est parfois moins d'Europe", a déclaré David Cameron.

Le Premier ministre britannique a ainsi détaillé quatre demandes, déjà connues :

  • Il veut que l'UE ne fasse pas de discrimination entre les États non membres de la zone euro,
  • Il faut mettre plus l'accent sur la compétitivité du marché unique,
  • Il faut accorder au Royaume-Uni une exemption d'aller vers une union toujours plus resserrée
  • Il faut octroier au Royaume-Uni un plus grand contrôle sur l'immigration.

La Grande-Bretagne, a poursuivi David Cameron, ne réclamera pas de droit de veto pour s'opposer à des législations européennes, mais les parlements nationaux doivent disposer d'un moyen de le faire en groupe.

"Nous ne demandons pas un droit de veto pour chaque Etat membre. Nous reconnaissons que, dans une Europe à 28, ce serait
la paralysie, mais nous voulons un nouvel arrangement dans lequel les parlements nationaux doivent pouvoir se rassembler et
rejeter des règles européennes qui ne correspondent pas à leur intérêt", a-t-il déclaré.

Confiance mais ...

"Je suis tout à fait confiant que nous obtiendrons un accord avec l'Union européenne qui convienne au Royaume-Uni", a-t-il assuré. "L'Union européenne a l'habitude de résoudre des problèmes insolubles, elle pourra résoudre celui-là aussi".

Toutefois, s'il n'obtient pas ce qu'il veut, David Cameron a répété qu'il "n'excluait rien".

"C'est peut-être la décision la plus importante que le peuple britannique va devoir prendre au cours de notre vie", a prévenu le dirigeant britannique, pour souligner les enjeux du référendum qui doit avoir lieu d'ici la fin 2017.

David Cameron s'était engagé à organiser un référendum sur l'appartenance de son pays à l'Union européenne lors de son discours dit de Bloomberg en janvier 2013, alors prononcé sous pression de la montée du parti europhobe Ukip et de l'aile eurosceptique de son propre parti conservateur.

Donald Tusk prend note, la Commission grince des dents

De l'autre côté de la Manche, le Président du Conseil européen, Donald Tusk a affirmé avoir reçu une lettre de David Cameron énonçant les exigences britanniques en matière de réformes de l'Union européenne.

Des consultations bilatérales avec les 27 autres membres, ainsi qu'avec le Parlement européen, commenceront la semaine
prochaine, a-t-il déclaré.

Selon des responsables européens, Donald Tusk souhaite avoir récolté différents avis d'ici la fin du mois pour voir ce qui
pourrait être décidé ou mis en discussion lors du Conseil européen des 17 et 18 décembre.

Au sein de la Commission européenne, certaines voix estiment que de prime abord, certaine exigences sont "hautement" problématiques dans la mesure où elles touchent aux libertés fondamentales.

"Nous voyons un certain nombre d'éléments qui apparaissent faisables", mais aussi "certaines choses hautement problématiques", a ajouté le porte-parole de la Commission, en référence aux demandes liées aux aides sociales pour les migrants européens.

Le président de la N-VA Bart De Wever s'est fendu mardi d'un communiqué en faveur des propositions de réforme de l'Union européenne avancées par le Premier ministre britannique David Cameron, dont le parti et la N-VA sont associés au parlement européen.

"La vision de Cameron n'est pas seulement bénéfique pour le Royaume-Uni, elle l'est aussi pour l'ensemble de l'Union européenne, et donc aussi pour la Flandre".

Il considère que l'Union européenne, dans son état actuel, est incapable de suivre l'évolution rapide de la réalité sociétale. "Nous nous embourbons dans une approche bureaucratique et centralisée. Les solutions qu'offre l'UE apportent trop souvent plus de problèmes que d'eau au moulin".

A ses yeux, M. Cameron avance des propositions sensées, "pour renforcer notre compétitivité" et refonder l'Union. Et son regard de se tourner vers les étrangers, en soulignant les propositions britanniques en matière d'immigration et de sécurité sociale.
"L'UE est fondée sur des valeurs partagées. Mais ces principes de base ne peuvent être une excuse pour saper le bien-être social. Les nouveaux arrivants ne peuvent bénéficier des mêmes droits sociaux que ceux qui contribuent depuis des années à la sécurité sociale", a-t-il dit.

Bart De Wever reprend ainsi un discours qui l'avait amené récemment à prendre position pour une modification de la Convention de Genève, indisposant ses partenaires des gouvernements flamand et fédéral.
"La libre circulation au sein de l'Union n'est pas un laissez-passer pour faire son shopping parmi les Etats-membres à la recherche de la meilleure protection sociale. David Cameron l'a compris", ajoute le leader nationaliste flamand.

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