Quatre pays bloquent la fixation à 2050 de l'objectif européen de neutralité carbone

Les dirigeants de la Pologne, Mateusz Morawiecki, de la Hongrie, Viktor Orban, et de la République tchèque, Andrej Babis, s'étaient réunis en amont du Conseil. ©REUTERS

Alors qu’une majorité d’États membres voulaient que le Conseil européen fixe à 2050 l’objectif de neutralité carbone de l’Union, la Pologne, la République tchèque, l'Estonie et la Hongrie ont bloqué la conclusion d’un accord, lors du sommet européen.

Le Conseil européen avait semblé ce jeudi toucher du doigt ce qui paraissait encore hors d’atteinte en début de semaine. Le dernier projet de conclusions rédigé avant la réunion des Vingt-Huit mentionnait une volonté commune d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. L'échéance a finalement été reléguée dans les marges.

L'Europe n'enverra donc aucun des signaux espérés à New York.

Selon la version proposée par la présidence comme base pour le débat du Conseil, les Vingt-Huit devaient demander à la Commission européenne de "déterminer comment assurer une transition vers une UE neutre en carbone pour 2050 qui préservera la compétitivité européenne, qui soit juste et socialement équilibrée, tienne compte des circonstances nationales des Etats membres et respecte leur droit à décider leur propre mix énergétique". Une formulation par laquelle le Conseil aurait pour la première fois mentionné cet objectif, proposé en novembre dernier par la Commission européenne.

Cette mention aurait fait de l’Union la première des grandes puissances à évoquer une date précise pour atteindre l’objectif de neutralité carbone, en vertu duquel elle vise à zéro émission nette. Cela aurait été un signal politique fort en amont du Sommet de l’Action climatique, convoqué en septembre par le secrétaire général des Nations unies. Antonio Guterres avait demandé à l’Union, dans une lettre adressée au président du Conseil Donald Tusk, de s’engager à la neutralité carbone pour 2050, mais aussi de relever à -55% son objectif de réduction d’émissions pour 2030. L’Europe n’enverra donc aucun des signaux espérés à New York.

Exigences polonaises

Alors que des élections législatives doivent se tenir à l'automne en Pologne, le premier ministre Mateusz Morawiecki avait conditionné son accord à des compensations financières. Et alors que le chef du gouvernement tchèque Andrej Babis semblait lier sa position à celle de la Pologne, la question de la soirée de jeudi était de savoir s’ils se laisseraient convertir par l’écrasante majorité des membres du Conseil qui souscrivaient à l’inscription d’une date. Non seulement, la réponse aura été négative, mais ils ont été rejoints par l'Estonien Jüri Ratas et le Hongrois Viktor Orban, revenant sur la position antérieurement attribuée à son pays.

L'Union doit remettre sa stratégie climatique de long terme pour la fin de l’année, de manière à la déposer au secrétariat de l'UNFCCC pour début 2020.

L'Union doit remettre sa stratégie climatique de long terme pour la fin de l’année, de manière à la déposer au secrétariat de l'UNFCCC pour début 2020. Au débat du long terme s’ajoute celui, plus pressant mais plus délicat encore, de 2030 : l’Union reverra-t-elle son engagement de réduction d’émissions dans le cadre de l’Accord de Paris? Le Parlement demande de relever l’objectif à 55%, tout comme des pays comme les Pays-Bas, la France ou le Luxembourg.

La Finlande, qui s'est déja fixé pour objectif d'atteindre la neutralité climatique pour 2035, fait du climat la priorité de la présidence tournante du Conseil de l’UE, qu’elle endosse le mois prochain.

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