Quels scénarios possibles en Italie alors que les consultations débutent?

Le président italien Sergio Mattarella (à gauche) a entamé cet après-midi ses discussions avec les principaux chefs de parti. ©AFP

Les consultations ont débuté entre le président italien et les chefs de parti de la péninsule. L'issue reste incertaine mais plusieurs scénarios sont envisageables.

 Le président italien Sergio Mattarella a entamé ce mercredi après-midi des consultations sur la formation d'un nouveau gouvernement avec les principaux dirigeants politiques du pays. Cette procédure fait suite à la démission de Giuseppe Conte mardi - il est toujours en charge de gérer les affaires courantes.

Ces consultations s'achèveront vendredi après-midi mais cela n'assure pas que le nouveau gouvernement soit connu en fin de semaine. Les rencontres s'ouvrent avec les présidents des deux chambres parlementaires. Suivront ensuite les représentants des principaux partis jeudi et vendredi après-midi.

Mais que ressortira-t-il de ces rencontres entre le président italien et les principaux leaders de parti du pays ? Quatre scénarios semblent se dessiner.

Le retour de Conte

La crise a été déclenchée il y a deux semaines avec la décision de l'ex-Premier ministre Matteo Renzi (2014-2016) et son petit parti de quitter la coalition au pouvoir. Sans majorité au parlement, le gouvernement Conte doit obtenir du président de la République Sergio Mattarella un nouveau mandat pour former un gouvernement, qui serait le troisième consécutif dirigé par ce professeur de droit depuis les législatives de 2018.

Pour réussir, il faudrait qu'il puisse renouer avec le parti de Renzi, force d'appoint indispensable aux deux piliers de la coalition: le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème avant son arrivée au pouvoir). Le PD a appelé à un nouveau gouvernement Conte avec une "large assise parlementaire", nom de code donné à une majorité qui inclurait les centristes actuellement dans l'opposition.

La tâche ne sera pas facile pour Giuseppe Conte s'il veut renouer avec le pouvoir. ©EPA

Ce scénario permettrait de neutraliser le pouvoir de veto de Matteo Renzi au sein de la coalition, mais l'incertitude demeure sur le nombre de parlementaires prêts à passer dans le camp de Giuseppe Conte. Ce serait toutefois le scénario le plus plausible selon le Corriere della Sera, principal quotidien du pays.

Conte sacrifié

Matteo Renzi, dont le rôle a été prédominant dans la formation du second gouvernement Conte en 2019, a affirmé clairement qu'il ne faisait plus confiance au chef du gouvernement sortant. Il pourrait exiger la nomination d'un nouveau Premier ministre en échange de son retour au sein de la coalition.

Selon les médias italiens, il pourrait s'agir d'un poids lourd côté démocrate. On évoque le nom de l'actuel ministre de la Culture Dario Franceschini, ou encore celui de l'ex-dirigeant du Mouvement 5 Etoiles, Luigi Di Maio, actuel ministre des Affaires étrangères.

Les technocrates au pouvoir

Si la coalition sortante ne réussit pas à recoller les morceaux, le président Mattarella devrait faire appel à une personnalité non partisane pour former un gouvernement d'unité nationale. Les parlementaires centristes et le parti de droite Forza Italia de l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi pourraient le soutenir, contrairement aux partis d'extrême droite de Matteo Salvini (Ligue) et Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia).

Un gouvernement de ce type permettrait à l'Italie de gérer la pandémie et de finaliser le plan que Rome doit présenter à Bruxelles d'ici fin avril sur les modalités de dépense des 208,6 milliards d'euros qui lui seront attribués dans le cadre du méga-plan européen de relance adopté en juillet.

208 milliards
d'euros
L'Europe a accordé 208 milliards d'euros à l'Italie dans le cadre d'un plan de relance adopté en juillet.

Elections anticipées?

La législature actuelle court jusqu'en mars 2023, mais le président pourrait provoquer des élections anticipées si la crise actuelle se révèle insoluble.

Sergio Mattarella, dont le septennat s'achève en janvier 2022, ne pourra plus le faire à partir de juillet, car la Constitution interdit au président de dissoudre le parlement durant les six derniers mois de son mandat.

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