Quels scénarios pour sortir de l'imbroglio italien?

Pierluigi Bersani n'a pas réussi à former un gouvernement. ©REUTERS

La presse ne cesse d'échafauder des scénarios pour tenter de sortir de l'impasse dans laquelle l'Italie est plongée depuis des semaines.

Gouvernement de "concorde", "du président", "d'objectifs", "balnéaire", "technique de transition" ou nouvelles élections... La presse italienne se perd en conjectures sur les scénarios à suivre pour sortir de l'impasse actuelle.

GOUVERNEMENT DE GRANDE COALITION - Ce gouvernement, surnommé "de concorde" ou "de large entente" par la presse, rassemblerait deux des trois grands blocs issus des élections de février: le Parti démocrate (PD, principal de parti de gauche) de Pier Luigi Bersani et le Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Le Mouvement Cinq Étoiles de l'ex-comique Beppe Grillo, qui refuse de soutenir un gouvernement quel qu'il soit, n'en ferait pas partie. Principal obstacle à ce scénario, l'électorat du PD et les poids lourds du parti de M. Bersani rejettent fermement une telle alliance antagonique droite-gauche.

 GOUVERNEMENT "POLITIQUE" DE CENTRE-GAUCHE- Cet exécutif dirigé par M. Bersani bénéficierait d'une forme d'appui (abstention par exemple) de la droite berlusconienne lors du premier vote de confiance permettant de le faire démarrer. Problème: selon les médias, le PDL exige en échange un accord préalable sur le nom du prochain titulaire de la présidence de la République, qui doit être élu pour un mandat de sept ans à partir du 15 avril par le parlement actuel.

GOUVERNEMENT DE "BASSE INTENSITE POLITIQUE" - Un exécutif dirigé par une personnalité proche du PD comme le président du Sénat Pietro Grasso ou appréciée du M5S qui se concentrerait sur trois ou quatre grands points: réforme électorale, du financement des partis politiques, réduction de la taxe sur la résidence principale pour les couches populaires, adoption du budget.

GOUVERNEMENT DU PRESIDENT dit aussi "GOUVERNEMENT D'OBJECTIFS" ou "TECHNIQUE DE TRANSITION" - Ce gouvernement serait porté sur les fonts baptismaux par l'actuel président de la République Giorgio Napolitano, un ex-communiste modéré, très respecté en Italie. Composé d'experts, il serait soutenu à distance par les partis politiques depuis le parlement. Dirigé par une personnalité indépendante, ce serait une sorte de gouvernement Monti-bis sans Mario Monti, chargé d'appliquer un programme limité (nouvelle loi électorale, contrôle des finances, réduction des coûts de la politique...) en attendant de nouvelles élections dans 9 à 12 mois.

Les noms qui circulent sont ceux de M. Grasso, du président de la Cour Constitutionnelle Franco Gallo, 75 ans, d'Anna Maria Cancellieri, 69 ans, ministre de l'Intérieur du gouvernement Monti, de Fabrizio Saccomanni, 70 ans, directeur général de la Banque d'Italie, ou encore de l'ex-Premier ministre Giuliano Amato ou de l'ex-commissaire européenne Emma Bonino.

GOUVERNEMENT DIT "BALNEAIRE"  - Un exécutif durant seulement l'été dirigé par une personnalité neutre qui serait constitué uniquement pour réformer la loi électorale, cause de l'impasse actuelle, et gérer les affaires courantes, le temps d'organiser de nouvelles législatives à l'automne.

DES ELECTIONS DES CET ETE - Faute de solution, de nouvelles législatives pourraient être organisées en juin-juillet. Mais cette hypothèse est jugée improbable pour des raisons techniques car le parlement doit au préalable élire le successeur de Giorgio Napolitano, dont le mandat s'achève le 15 mai. En outre, la Constitution prévoit que ce dernier ne peut pas dissoudre le parlement dans les six derniers mois de son mandat ("semestre blanc"). A moins que M. Napolitano ne démissionne pour anticiper l'élection de son remplaçant qui pourrait ensuite dissoudre les chambres et organiser un nouveau scrutin.

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