"Renew Europe": le groupe centriste européen n'est plus "libéral"

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Le groupe centriste au Parlement européen abandonne le terme "libéral" pour accueillir les élus français envoyés par Emmanuel Macron. Le groupe ADLE fait place à "Renew Europe" et se cherche un nouveau leadership pour succéder à Guy Verhofstadt.

Ne dites plus ADLE - ou Alliance des démocrates et libéraux européens - pour désigner le groupe mené par Guy Verhofstadt au Parlement européen. Le groupe, qui compte notamment les élus du MR Olivier Chastel et Frédérique Ries, s'appellera désormais "Renew Europe" - c'était son slogan de campagne pour le dernier scrutin.

Les leaders de la trentaine de délégations nationales ont pris la décision ce mercredi midi. Ils abandonnent ainsi le qualificatif "libéral", connoté à droite en France (le groupe est centriste au niveau européen), pour accueillir les élus fidèles au président Emmanuel Macron. Peu avant l'annonce officielle, le libéral britannique Chris Davis avait noté sur Twitter que ce changement de nom "devrait satisfaire nos nouveaux partenaires français, mais [que] beaucoup d'entre nous continueront à en parler comme du groupe libéral". 

Philippe Lamberts rempile à la tête des Verts

L'eurodéputé écolo Philippe Lamberts a été élu ce mercredi pour un second mandat à la tête du groupe des Verts au Parlement européen. Il co-préside le groupe avec l'Allemande Ska Keller.

Élu au Parlement européen depuis 2009, il avait succédé à ce poste au Franco-Allemand Daniel Cohn-Bendit en 2014. Il avait ensuite obtenu une dérogation de son parti pour pouvoir se porter candidat aux dernières élections pour un troisième mandat, comme le permettent les statuts d'Ecolo.

Le nouveau nom du groupe devrait se décliner dans chaque langue nationale - "Renouveler l'Europe" en français.

Succession

Le renouveau passera également par un changement de direction: en lice pour la succession du Belge Guy Verhofstadt à la tête du groupe, on cite la Néerlandaise Sophie in't Veld, le Suédois Fredrick Federley ou encore la Française Nathalie Loiseau. Cette dernière candidature est fragilisée par des critiques acerbes de la Française à l'encontre de membres de l'ALDE tenues "off the record" auprès d'un groupe de journalistes à Bruxelles. L'élection doit avoir lieu la semaine prochaine à bulletin secret.

Le groupe pro-européen devrait compter 108 députés et se voit en faiseur de rois de la prochaine majorité - ou de reines, pour paraphraser la commissaire libérale Margrethe Vestager, candidate à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. Les deux principaux groupes au Parlement, conservateur (PPE) et socialiste (S&D) n'ont en effet pas assez de sièges pour former une coalition, et doivent compter sur les centristes et/ou les Verts (sans parler de la gauche radicale) s'ils veulent une coalition pro-européenne.

L'Alliance des démocrates et libéraux européens ne disparaît pas pour autant du paysage politique, puisque cela reste le nom d'un parti au niveau européen, qui s'était associé au Parti démocrate européen (PDE) pour former un groupe à son nom.

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