Reynders: l'Irlande ne pourra se passer de l'aide européenne

Les ministres des Finances européens se réunissent aujourd'hui pour un Ecofin qui sera consacré au soutien financier à apporter aux pays en difficultés. Le cas de l'Irlande sera largement évoqué. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a estimé ce matin que l'Irlande ne pourrait se sortir de la crise sans aide de l'Europe.

L'Irlande engagera sous peu "des discussions courtes et ciblées avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international" pour évoquer un éventuel plan de soutien à son secteur financier, a indiqué hier soir le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une réunion de ce forum qui associe les ministres des Finances de la zone euro. M. Juncker a indiqué qu'en cas de demande de soutien, les pays membres "sauvegarderaient la stabilité financière" de la zone. "Nous avons les moyens de le faire", a-t-il dit.

Le ministre belge des Finances Didier Reynders, qui dirige les travaux du Conseil des ministres européens des Affaires économiques et financières (Ecofin) qui se tient aujourd'hui, est d'avis que l'Irlande ne pourra se passer de l'aide européenne pour sortir de la crise à laquelle elle est confrontée. Selon lui, cette aide serait "conditionnée à toute une série de demandes" en vue d'"améliorer la situation budgétaire" de l'Irlande confrontée à un déficit de public de 30% du PIB si on inclut son effort en faveur des banques.

Klaus Regling, le directeur de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF, l'instrument créé au printemps dernier pour venir en aide aux pays en crise), a abondé dans cette direction, assurant être en mesure de lever de larges sommes d'argent sur les marchés financiers en des délais très brefs.

M. Regling a fait état d'un "intérêt assez considérable des investisseurs, particulièrement en Asie".

Le Fonds monétaire international a également indiqué mardi soir qu'il allait participer aux efforts des autorités européennes en vue d'aider l'Irlande "afin de déterminer le meilleur moyen de fournir, si nécessaire, un soutien permettant de contenir les risques sur les marchés".

"Nous nous réjouissons de l'intention des autorités irlandaises de mettre en oeuvre un plan budgétaire pluriannuel et des mesures pour soutenir et renforcer son secteur financier", a indiqué un porte-parole du FMI dans un bref communiqué publié à Washington. "A la demande des autorités irlandaises, une équipe du FMI participera à une consultation brève et à l'rodre du jour très précis avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) afin de déterminer le meilleur moyen de fournir, si nécessaire, un soutien permettant de contenir les risques sur les marchés", ajoute le texte, sans plus de précision.

Interrogés sur la fiabilité des tests de résistance du secteur bancaire, qui n'avaient pas permis de déceler cet été la fragilité des banques irlandaises, les dirigeants de la zone euro sont par ailleurs restés muets.

M. Juncker a par ailleurs tenu à séparer le dossier irlandais du cas du Portugal, qui suscite également l'inquiétude des marchés. Le Portugal n'a aucunement l'intention de solliciter l'aide européenne, a-t-il dit.

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