Roxana Maracineanu, une championne pour remplacer une autre championne

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Laura Flessel, double championne olympique d'escrime a laissé son fauteuil à une autre ancienne sportive de haut niveau, l'ex-nageuse Roxana Maracineanu.

Roxana Maracineanu nage à la vitesse d'une torpille. Aux jeux olympiques de Sidney, en l'an 2000, elle n'a mis que deux minutes, dix secondes et vingt cinq centièmes pour effectuer un deux cents mètres sur le dos. Et décrocher la médaille d'argent. Reste à savoir si ce qui lui reste de son tonus lui suffira pour évoluer dans les eaux pas toujours limpides de la politique française.

Celle qu'elle remplace au ministère des sports Laura Flessel, avait beau être une spécialiste de l'escrime, elle n'en pas moins jeté l'éponge peut-être pour des raisons fiscales croyait savoir hier Mediapart. Roxana Maracineanu est née en 1975 en Roumanie, un pays terni par le régime implacable de Ceaucescu mais réputé pour former des champions sportifs. Et dont on ne sortait pas facilement. Il a fallu que son père, ingénieur en travaux publics, décroche un contrat de coopérant en Algérie pour qu'il en profite en filant avec sa famille en France où il demande l'asile. Sa famille obtiendra la nationalité française en 1991.

Chewing-gum à la menthe

En Roumanie elle serait peut-être devenue gymnaste mais de son arrivée en France résultera une carrière de nageuse. Roxana Maracineanu collectionnera les médailles. Tel Proust évoquant sa madeleine fondant dans une tasse de thé, la petite fille conservera en mémoire du sol français le goût des bonbons et des chewing-gums à la menthe. C'est à Mulhouse qu'elle se perfectionnera dans la natation.

Roxana Maracineanu aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. ©AFP

Elle racontera au journal Ouest-France que son club "avait la chaleur d'une famille élargie, à la roumaine". Avant de devenir championne du monde de sa spécialité, ouvrant la voie dit-on, à des futures stars des bassins comme Laure Manaudou. De son statut de petite migrante elle retiendra que la France devrait être plus accommodante à l'égard des demandeurs d'asile avouant une certaine peine à regarder les files d'attente devant les préfectures. De ce point de vue, elle aura peut-être à cœur de manifester ses idées au sein d'un gouvernement qui peine à clarifier sa politique migratoire entre une opinion frileuse et le souci de porter une certaine tradition française en matière d'accueil.

©AFP

La suite de son parcours ne la prédisposait pas spécialement à entrer au gouvernement d'Edouard Philippe. Diplômée d'une école de commerce, maîtrisant cinq langues, elle fait office de consultante dans différents médias, avant d'être un temps élue (PS) au conseil régional francilien le 21 mars 2010. Celle qui déclarait un jour à France Info qu'elle rêvait d'être cosmonaute sera finalement aux commandes du ministère des sports. D'où la vue sur les étoiles est sûrement moins bonne.

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