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S&P ne croit pas au rétablissement de l'Irlande

Le sauvetage des banques irlandaises coûterait non pas 25 mais 50 milliards d'euros. S&P a aussitôt dégradé la note de la dette irlandaise, qui se retrouve dans sa pire position depuis le plus fort de la crise.

Nouveau coup de froid sur le front de la dette publique des États européens aux finances les plus délabrées.

L’Irlande a vu sa dette à long terme se faire dégrader à "AA-" par Standard & Poor’s. Pire, l’agence de notation financière n’écarte pas la possibilité d’enlever son double A au gouvernement de Dublin, estimant que le pays devra débourser jusqu’à 50 milliards d’euros pour recapitaliser son système bancaire, soit le double de sa précédente estimation.

La décision de S&P constitue un sérieux camouflet pour les autorités irlandaises qui avaient été louées pour leur promptitude à tenter d’enrayer la crise des subprimes.

Elles furent les premières à créer une "bad bank" destinée à purger le secteur bancaire de ses abondantes créances hypothécaires défaillantes. Mais l’espoir d’une solution rapide et transparente est aujourd’hui sérieusement écorné par une ardoise qui ne cesse de s’alourdir.

La semaine dernière, le gouverneur de la banque centrale irlandaise a déclaré que la facture finale d’Anglo Irish pourrait atteindre 29 milliards d’euros mais qu’elle ne rendrait pas pour autant la dette publique ingérable.

S&P ne l’entend manifestement pas de cette oreille. 29 milliards d’euros, cela représente tout de même près de 20 % du PIB irlandais. Dans ces conditions, il paraît difficile de pouvoir résorber rapidement un déficit public qui culminait l’année passée à 14 % du PIB (le ratio le plus élevé d’Europe) et, dixit S & P, empêcher la dette du pays d’atteindre les 113 % en 2012.

On comprend que les propos de S&P irrite au plus haut point John Corrigan, le CEO de l’Agence de la dette irlandaise, qui considère l’analyse de l’agence comme "défaillante" et "biaisée" par des scénarios de coûts "extrêmes".

Une réplique d’une inhabituelle virulence qui s’explique par la crainte que la charge d’intérêt de la dette irlandaise augmente et que les banques locales ne puissent allonger la maturité de leur dette, voire soient privées de la garantie étatique.

Une crainte bien tangible puisque la prime de risque de la dette irlandaise par rapport à sa contrepartie allemande a brusquement grimpé à 3,37 % ce mercredi, son plus haut niveau depuis le paroxysme de la crise grecque en mai.

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