Salvini absent de la réunion de Paris sur les migrants

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Les Européens ont tenté de s’accorder à Paris sur le débarquement et la répartition des migrants. L’un des principaux intéressés, l’Italien Matteo Salvini, était absent de la rencontre.

Les réunions européennes sur le débarquement et la répartition des migrants se suivent depuis un an sans prise de décision, les Vingt-huit étant déchirés sur ces questions, en particulier depuis l’arrivée d’une coalition populiste en Italie. Entre-temps, la fermeture des ports italiens et les mesures décourageant les sauvetages alourdissent le bilan des noyades en Méditerranée.

Les ministres européens des Affaires étrangères et de l’Intérieur étaient réunis ce lundi à Paris, à l’invitation de la France, pour tenter, une nouvelle fois, de progresser. Cette réunion était élargie aux agences idoines, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, l’Organisation internationale des migrations et l’Union africaine.

"C’est bon signe que ces réunions se multiplient, c’est encourageant. Par contre, le fait que Salvini ne vienne pas, c’est décourageant."
Natasha Bertaud
Porte-parole de la Commission

À l’issue de la rencontre, la France s’est dite "confiante" qu’un accord sur le "mécanisme de solidarité" serait trouvé lors d’une prochaine rencontre, début septembre à Malte. Le président français Emmanuel Macron a indiqué que "14 États" ont donné leur accord de principe sur ce mécanisme. Il a également demandé à la Libye de mettre fin à l’enfermement des migrants en transit.

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (La Ligue) était absent de la rencontre, représenté par une "délégation technique". Le leader d’extrême droite assiste rarement à ces réunions. "C’est bon signe que ces réunions se multiplient, c’est encourageant. Par contre, le fait que Salvini ne vienne pas, c’est décourageant", dit Natasha Bertaud, une porte-parole de la Commission européenne.

Exigences italiennes

Jeudi dernier, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont abordé les mêmes questions au Conseil européen Justice et Affaires intérieures ("JAI") informel à Helsinki. Lors de cette réunion, L’Italie et Malte ont soumis un texte proposant le débarquement des migrants dans les pays frontaliers des pays de départ – et pas seulement chez eux – et la création de centre d’accueil, des "hotspots".

Rome insiste pour une meilleure distribution des migrants, estimant que son pays et Malte sont les seuls à supporter le poids des arrivées.

Rome insiste pour une meilleure distribution des migrants, estimant que son pays et Malte sont les seuls à supporter le poids des arrivées. Matteo Salvini considère le respect de cette condition comme un préalable à toute discussion. Or le droit international impose au pays le plus proche et disposant d’un port sûr d’accueillir le navire de sauvetage des migrants. Il s’agit souvent de l’Italie, de Malte et de l’Espagne. Les Européens plaident pour une meilleure répartition, "mais en l’absence du ministre italien, il est difficile de trouver un arrangement", dit une source diplomatique.

Le gouvernement italien au bord de la rupture

Cette prise de position permet à Matteo Salvini de renforcer sa visibilité sur la scène politique italienne, alors que le gouvernement qu’il forme avec le M5S de Luigi Di Maio est au bord de l’implosion. La Ligue et le M5S se disputent sur le nom du commissaire italien qui rejoindra la Commission européenne. Le parti d’extrême droite veut y envoyer Giancarlo Giorgetti, le bras droit de Matteo Salvini.

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