Sarkozy met la barre à droite et le cap sur la présidentielle de 2012

Nicolas Sarkozy a procédé dimanche à un remaniement du gouvernement français marqué par un virage à droite tout en gardant François Fillon comme Premier ministre pour aborder la dernière ligne droite de son quinquennat.

Le cap est fixé à l'élection présidentielle de 2012 pour le nouveau gouvernement français de Nicolas Sarkozy, qui prenait ses fonctions lundi, marqué par une coloration droitière et organisé autour du Premier ministre François Fillon, homme fort du moment.

Si la majorité se réjouit d'avoir une équipe de combat, resserrée dans la perspective de la présidentielle, l'opposition de gauche fustige la "continuité" d'une politique jugée injuste socialement et marquée par un virage à droite.

Nicolas Sarkozy s'exprimera dès mardi soir en direct sur plusieurs chaînes de télévisions, à la veille du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement Fillon.

"Fillon garde Sarkozy" titrait lundi le quotidien de gauche Libération, résumant la victoire du Premier ministre, à la tête du gouvernement depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy en mai 2007, tandis que Le Figaro (droite, pro-gouvernemental) soulignait "le choix de la continuité".

Les Français "vont retenir que rien ne change", estimait le politologue Roland Cayrol, dans le journal Le Parisien.
De fait, annoncé il y a cinq mois par un chef de l'Etat au plus bas dans les sondages et censé donner un nouveau souffle à son action, ce remaniement s'est finalement résumé en grande partie à un jeu de chaises musicales.

Le Premier ministre, populaire et austère, à l'opposé du style exubérant du président, a quasiment imposé sa reconduction, au risque de mécontenter la composante centriste de la majorité dont la place au gouvernement s'est réduite à peau de chagrin.

Exit les représentants des minorités ou de l'ouverture politique qui avaient marqué les débuts du mandat, avec des ministres issus de l'immigration ou de la gauche: autour de François Fillon, se retrouvent des piliers de la droite comme Michèle Alliot-Marie, qui décroche les Affaires étrangères, ou Alain Juppé, ex-Premier ministre qui revient aux affaires à la Défense.

Le départ de l'ex-ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, un temps pressenti pour diriger le gouvernement, marque une rupture avec les centristes, qui espéraient un "rassemblement" et ont vu "apparaître une équipe de campagne (du parti présidentiel) UMP", selon l'expression de l'ex-ministre de la Défense Hervé Morin.

"C’est un gouvernement de fermeture, qui ne tient pas compte de ce qu’ont dit les Français et dont on n’attend rien", a déploré lundi la socialiste Ségolène Royal au micro de la radio Europe 1.

"Il fallait changer les hommes et la politique. Or, François Fillon est reconduit sur la même ligne. Il n’a rien fait de particulier. Il profite simplement de l’usure de Nicolas Sarkozy", a estimé l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, appelant la gauche à "tendre la main aux centristes".

De son côté, l'ex-Premier ministre et ennemi juré de Nicolas Sarkozy à droite, Dominique de Villepin, a jugé lundi que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France.

A défaut d'un nouveau souffle, le président Sarkozy pourra compter sur son Premier ministre pour mener ses dernières réformes annoncées (fiscalité et vieillesse) et se concentrer sur la présidence du G20, puis du G8, et la préparation de la campagne.

"C'est un gouvernement équilibré, qui est rassemblé, qui représente bien la majorité et qui est au service de l'action du président de la République pour créeer les conditions de sa victoire en 2012", a assuré François Baroin, ministre du Budget et nouveau porte-parole du gouvernement.

Pour le politologue Roland Cayrol, se dessine une "nouvelle répartition des tâches": "Le président va se muer progressivement en candidat à l'élection présidentielle, pendant que le gouvernement se chargera de continuer la politique des réformes".

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