Ségolène Royal dans le collimateur de la justice financière

Ségolène Royal s’est positionnée récemment comme une opposante à Emmanuel Macron. ©Photo News

Alors qu’elle vient d’être limogée de son poste d’ambassadrice des Pôles, l’ex-ministre socialiste française va faire l’objet d’une enquête sur son utilisation légale ou des moyens qui ont été mis à sa disposition.

Ségolène Royal, qui aime les projecteurs, aura été servie. Aujourd’hui, deux affaires concomitantes, l’une politique et l’autre judiciaire, ont remis l’ancienne ministre socialiste au cœur de l’actualité française. La première concerne son poste d’ambassadrice des Pôles Arctique et Antarctique, une mission stratégique visant à défendre la position de la France dans ces régions du monde. À ce sujet, Ségolène Royal a, dès ce mercredi, choisi de prendre les devants sur les réseaux sociaux pour confirmer que l’exécutif envisageait de "mettre fin" à ses fonctions le 24 janvier, et ce, en raison de ses critiques récurrentes contre le gouvernement.

À cette fin, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 a reproduit une lettre datée du 7 décembre, envoyée au regard de ses "récentes prises de paroles publiques qui mettent en cause la politique du gouvernement" à laquelle, soulignent les ministères, elle est "étroitement associée" en sa "qualité d’ambassadrice, titulaire d’un emploi à la décision du gouvernement".

Présidentielle de 2022

Cette missive arriverait presque à point nommé pour l’ancienne ministre qui, depuis des semaines, tente de reconquérir le statut d’opposante à Emmanuel Macron, et tâte le terrain à l’approche de la présidentielle de 2022, dans un contexte où les socialistes sont particulièrement inaudibles et divisés.

L’ancienne ministre socialiste française tâte le terrain à l’approche de la présidentielle de 2022.

À maintes reprises, l’ancienne co-organisatrice de la COP 21 n’a d’ailleurs pas mâché ses mots tant sur la gestion de la crise des gilets jaunes que sur la politique environnementale, et encore plus récemment sur la réforme des retraites qu’elle a qualifiée de "brutale". De quoi laisser apparaître au grand jour un vrai changement de ton à l’égard d’Emmanuel Macron qu’elle avait pourtant soutenu lors de la première année de son mandat.

Enquête financière

Lorsqu’elle était ambassadrice, Ségolène Royal disposait de 3 collaborateurs payés par les ministères de la Transition écologique et des Affaires étrangères et de 100.000 euros de frais de mission.

Reste que l’ex-ministre ne devra pas se contenter d’exploiter cette cabale politique pour nourrir ses ambitions politiques puisqu’elle va également devoir faire face à des ennuis judiciaires. En effet, le Parquet national financier (PNF) a indiqué ce mercredi qu’il allait ouvrir une enquête en vue de faire la clarté sur l’utilisation faite des moyens qui étaient à sa disposition lorsqu’elle était ambassadrice. En l’occurrence, 3 collaborateurs payés par les ministères de la Transition écologique et des Affaires étrangères et 100.000 euros de frais de mission.

Ségolène Royal les a-t-elle détournés à des fins personnelles, notamment pour les besoins de sa fondation? C’est en tout cas ce que soutient une enquête de la cellule investigation de Radio France, diffusée en novembre dernier, qui avait souhaité en savoir plus sur ses absences répétées aux réunions officielles du Conseil de l’Arctique. "Cela ressemble à de l’acharnement", selon un de ses proches, pointant de manière à peine voilée la légitimité du PNF, né de l’affaire Cahuzac, et qui a eu à traiter des cas de délinquance financière liés à d’autres politiques français connus, tels François Fillon et Patrick Balkany.

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