portrait

Sergio Mattarella, l'homme du salut pour la crise italienne

Homme de consensus, europhile et symbole de stabilité, le Président italien tient aujourd’hui l’avenir politique italien entre ses mains.

Symbole et garant de l’équilibre institutionnel, le président de la République Sergio Mattarella est perçu aujourd’hui, par les Italiens de tous bords, comme l’homme du salut. Face à cette exceptionnelle crise politique qui a plongé, en plein été, le pays dans la confusion et le désarroi, l’opinion publique nationale se tourne désormais vers le chef de l’État – resté habilement en retrait au cours des dernières semaines – dans l’espoir d’une résolution rapide et, si possible, indolore de l’imbroglio institutionnel en cours.

Le profil
  • Né en Sicile en 1941.
  • En 1967, il s’inscrit à l’ordre des avocats du Barreau de Palerme.
  • En 1983, il entre pour la première fois au Parlement.
  • De 2011 à 2015, il est juge de la Cour constitutionnelle.
  • En février 2015, il devient Président de la République italienne.

Sicilien réservé, austère et un brin timide, né à Palerme le 23 juillet 1941, Sergio Mattarella incarne une Italie qui, d’une certaine façon, n’existe plus. Dans la cacophonie actuelle, diffusée en large partie par des médias sociaux qui sont devenus le réceptacle des meilleures intentions et des pires anathèmes, le Président a fait le choix du silence, de l’attente et de la patience. Au cours d’une brève vacance en Sardaigne, il a laissé les forces politiques nationales s’exprimer et se contredire, il a vu des alliances bancales se créer et se défaire.

Il sait qu’aujourd’hui, le destin politique du pays, exactement comme au printemps dernier à la suite des élections législatives de mars 2018, est en grande partie entre ses mains. Mattarella est, en effet, appelé à résoudre le dilemme qui traverse la péninsule: organiser rapidement un scrutin national ou mettre sur pied un exécutif éphémère ou de longue durée?

©EPA

Or, cet homme politique, ancien juge de la Cour constitutionnelle, profondément catholique et viscéralement européiste, a déjà démontré par le passé sa prédisposition à l’écoute, l’analyse et la synthèse ainsi que son désir de ne jamais imposer une direction qui ne soit pas favorablement accueillie par la majorité.

Une Italie modérée et proche de Bruxelles

Ayant grandi dans l’univers de la démocratie chrétienne, Mattarella est un homme de consensus et de stabilité qui connaît parfaitement bien les rouages de la politique. En 1983, ce père de trois enfants franchit pour la première fois les portes du Parlement et y siégera sept fois. Il a été à la fois ministre des Relations avec le Parlement, ministre de l’Instruction et ministre de la Défense pour interrompre, ensuite, sa carrière politique et reprendre ses fonctions de juriste.

Élu chef de l’État en 2015, il a, depuis son ascension au Palais du Quirinal, toujours incarné le visage d’une Italie modérée et proche de Bruxelles.

Élu chef de l’État en 2015, il a, depuis son ascension au Palais du Quirinal, toujours incarné le visage d’une Italie modérée et proche de Bruxelles, fidèle à son idéal européen et à l’impératif d’équilibre budgétaire poursuivi par les institutions communautaires. Par son regard bleu, à la fois doux, intransigeant et vaguement ironique, ainsi qu’avec des déclarations toujours imprégnées de bon sens, il a su tempérer, ces 14 derniers mois, tous les élans populistes et les proclamations enflammées à l’égard des partenaires européens lancés par la coalition gouvernementale jaune-verte. Au cours de la dernière année, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, avocat comme lui, s’est souvent rendu au Quirinal pour se confronter avec le Président et avec les règles sacrées de la Constitution que ce dernier est fier d’incarner.

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