"Si c'est pour mettre trois coups de peinture verte à l'Europe, ce sera sans nous" (Lamberts)

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Alors que les négociations pour l'attribution des "top jobs" européens commencent, les Verts posent leurs conditions à la formation d'une coalition. Ils veulent des discussions centrées sur le contenu, et pas seulement sur les postes clés.

La tension monte sur le front des négociations européennes. Les premières discussions sérieuses commencent le mercredi 12 juin pour former une coalition entre les quatre groupes parlementaires, démocrates-chrétiens (PPE), socialistes (S & D), libéraux (ALDE) et verts.

Certains veulent des discussions de fond, d’autres se concentrent sur les postes clés à la tête des institutions (présidence de la Commission, du Conseil, du Parlement, de la BCE et chef de la diplomatie). Les présidents de partis ont convenu de remettre le 17 juin leur proposition de programme de travail pour la prochaine Commission. Les écologistes posent leurs conditions.

"Nous voulons discuter du contenu, nous voulons mettre la barre haut en matière climatique et environnementale"
Philippe Lamberts
Coprésident des Verts

"Nous voulons discuter du contenu, nous voulons mettre la barre haut en matière climatique et environnementale", confie Philippe Lamberts, le coprésident du groupe des Verts, "si c’est pour mettre trois coups de peinture verte à l'Europe, ce sera sans nous".

Les écologistes ont pris une part centrale dans le processus de négociation dès le lendemain des élections européennes, invitant les partis à discuter.

Par ailleurs, les Verts désigneront mardi la coprésidence de leur groupe au Parlement européen pour la prochaine législature. Elle devrait échoir à nouveau à Philippe Lamberts et l’Allemande Ska Keller.

Le PPE souhaite la participation des Verts. Leur chef de file Manfred Weber, fraîchement réélu, y est même très favorable.

Dans les deux autres groupes, socialistes et libéraux, les avis sont partagés entre les élus sensibles aux questions écologiques et d’autres estimant que la répartition des postes sera plus facile dans une petite tripartite (PPE, S & D, ALDE). "En cas de tripartite, le risque est de voir l’extrême droite tenter de faire basculer la majorité", dit une source.

Premier tour de table pour les "Six"

Vendredi soir, un premier tour de table a lieu entre les six dirigeants européens désignés pour négocier l’attribution des postes clés, la présidence de la Commission étant le plus puissant. Et le plus difficile. 

Le PPE veut imposer son candidat, Manfred Weber, à ce poste. La situation est tendue car les trois partis traditionnels ont dans ce cas un nombre de voix égal au Conseil européen. Le PPE a huit dirigeants dans l’UE, mais Viktor Orban ne soutiendra pas Manfred Weber. Les sociaux-démocrates en comptent sept et les libéraux aussi. Six autres n’appartiennent pas à cette tendance. Pour décider, il faudra les voix de 21 États.

Le Premier ministre belge Charles Michel représente la famille libérale européenne lors de ces négociations à six. La porte de l'Europe reste ouverte pour le président du MR, mais Charles Michel a pour priorité la négociation d'un accord pour une majorité fédérale en Belgique, et, selon nos informations, il entend y jouer un rôle. 

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