"Si Macron veut nous parler, il sait où nous trouver" (Philippe Lamberts)

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Élue à une courte majorité, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen aura besoin de tous les appuis pour constituer une équipe forte. Un grand mercato, où rien ne se fera sans le président français Emmanuel Macron. Les Verts, eux, réclament 4 commissaires et des négociations sur le fonds.

L'acte II commence pour Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne élue mardi à une courte majorité par le Parlement européen. Propulsée à ce poste par le président français Emmanuel Macron, elle dispose de trois mois pour se constituer une équipe de 28 commissaires.

Or, coalition qui la soutient est des plus fragiles. Une grande partie des 444 députés de la tripartie entre les démocrates chrétiens (PPE), les libéraux (RE) et les socialistes (S&D) n'ont pas voté pour elle. Avec 383 députés sur 747, elle n'est passée qu'à neuf voix près. 

La présidente de la Commission devra compter sur les 75 députés groupe des Verts, le premier parti d'opposition. Les écologistes ont massivement voté contre elle

"Pas de majorité stable sans les Verts"

Philippe Lamberts, le coprésident des Verts, reste ouvert pour monter dans l'attelage. "Je l'ai dit en privé à Mme von der Leyen, la vente commence quand le client dit non". Traduction: les discussions sont encore possibles. Mais pas à n'importe quelles conditions.

"Les Verts ont droit à quatre commissaires", a annoncé l'élu belge ce mercredi lors d'un briefing. L'info est sortie comme une traînée de poudre, donnant lieu à des spéculations. Au point de l'agacer. 

"La presse se focalise sur le chiffre, très bien. Mais des négociations, c'est plus complexe que des postes. Nous voulons un travail de fond. De vraies négociations", confie-t-il.

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Au lendemain des élections européennes de mai dernier, les Verts ont été sollicités pour négocier dans une plateforme composée des quatre premiers partis au Parlement. Mais au moment de choisir les quatre postes clés de l'Union, fin juin, les écologistes ont été écartés. "Débrancher les Verts n'était pas la meilleure façon de constituer une majorité", résume Philippe Lamberts. De fait Ursula von de Leyen n'a rallié que 51% députés européens, le deuxième score le plus faible pour un président de la Commission. 

"S'il y a une prise de conscience, après le vote d'hier, est qu'il n'y aura pas de majorité stable sans les Verts, nous sommes prêts à redialoguer point par point lors des prochains mois. Prenons le temps", affirme le coprésident. 

Dans son discours au Parlement, Ursula von der Leyen a promis un "green deal" de 1.000 milliards d'euros et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50%, voir 55%, d'ici 2030. "Fort bien, mais quelqu'un peut-il me dire ce qu'il y a dedans? Je ne vois pas comment elle va y arriver. Je veux de la clarté"

"Macron sait où nous trouver"

Le choix des commissaires revient aux gouvernements nationaux. Mais, au final, rien ne se fera sans le nouvel homme fort de l'Europe, Emmanuel Macron. Le président français a pratiquement choisi la nouvelle présidente de la Commission, en reléguant aux oubliettes les "spitzenkandidat".

Entre le locataire de l'Élysée et le coprésident des Verts, auteur d'une charge contre mémorable contre Emmanuel Maceron lors de sa visite au Parlement européen, ce n'est pas l'amour fou. D'autant que l'ancien chef de file des Verts, Daniel Cohn-Bendit est passé avec armes et bagages dans le camp du leader d'En Marche.

"Si Macron veut nous parler, il sait où nous trouver", dit Philippe Lamberts, "je suis prêt à parler avec lui. Travailler pour le bien commun avec un libéral, je le fais tour les jours, et je suis prêt à le faire. Mais le rallier, jamais".

Quant aux quatre commissaires Verts, "ce chiffre ne sort pas de n'importe où, c'est notre poids relatif dans une coalition à quatre", explique-t-il. Selon nos informations, ils pourraient venir de Finlande, de Suède, d'Autriche.

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