Strauss-Kahn va conseiller le gouvernement serbe

(© Charles Platiau) ©Reuters

L'ancien directeur général du FMI va conseiller Belgrade sur la gestion des finances publiques serbes. D'après Aleksandar Vucic, le vice-Premier ministre serbe, un conseiller étranger sera moins tenté qu'un serbe de céder à la corruption. Renvoyé en correctionnelle dans l'affaire du Carlton, DSK a prodigué des conseils financiers à plusieurs gouvernements et entreprises ces derniers mois.

Dominique Strauss-Kahn a accepté de conseiller le gouvernement serbe sur la gestion de ses finances publiques, a annoncé Belgrade, qui assure que la vie privée de l'ancien directeur général du FMI n'éclipse pas ses qualités d'économiste.

"Par exemple, le grand Picasso traitait mal les femmes et les enfants, mais certaines autres personnes comme Hitler aimaient les femmes", a déclaré jeudi soir à la télévision serbe Aleksandar Vucic, vice-Premier ministre de Serbie. "Si vous voulez juger Strauss-Kahn à cette aune, alors vous pouvez avoir un jugement négatif."

"DSK" conseillera le gouvernement serbe aux côtés de l'ancien chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, a-t-il dit. "Nous avons déjà parlé, il n'était pas ravi après avoir vu ce qui l'attend, mais il a déjà proposé plusieurs solutions", a expliqué Vucic. L'économie serbe devrait croître de 2,5% cette année, mais son déficit devrait atteindre 4,7% du PIB et sa dette 65%.

Fin juillet, Aleksandar Vucic avait estimé qu'un ressortissant étranger sans lien avec la scène politique locale serait moins susceptible de céder à des tentatives de corruption. "Nous avons besoin de ces gens qui en savent plus que nous et dont nous pouvons apprendre beaucoup", avait-t-il dit. "Je me fiche de ceux que ça gêne."

La nouvelle vie de DSK

Dans un entretien à la chaîne russe Rossia 24, Dominique Strauss-Kahn, qui a échappé à des poursuites aux Etats-Unis dans l'affaire du Sofitel de Manhattan où une femme de chambre l'accusait d'agression sexuelle, avait déclaré que la politique était du passé pour lui.

"La réalité c'est que j'ai fait pour ma part quelques erreurs, c'est le moins qu'on puisse dire, et que la façon dont les choses se sont passées, m'ont effectivement écarté de l'élection présidentielle française. Mais pour moi c'est maintenant derrière moi", a-t-il dit. "Aujourd'hui j'oeuvre en tant que conseiller de gouvernements et de grandes entreprises dans de nombreux pays, dans tous les coins du monde : en Russie, en Afrique, en Amérique latine", a-t-il ajouté.

Dominique Strauss-Kahn a été renvoyé en correctionnelle en juillet dernier pour "proxénétisme aggravé en réunion" dans l'affaire dite du Carlton, des parties fines qui ont eu lieu à Paris et Washington. L'ancien directeur général du Fonds monétaire international encourt dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende au terme du procès qui pourrait se tenir dans environ un an.

Ses défenseurs considèrent que le dossier est vide et se retranchent derrière le droit au libertinage.

L'ancien "patron" du FMI a amorcé récemment un retour à la vie publique, se montrant au tournoi de tennis de Roland Garros, en montant les marches du Festival de Cannes, en s'affichant avec sa nouvelle compagne et en étant auditionné au Sénat sur la crise financière.

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