Succession de crises pour la CDU

Markus Weinberg, tête de liste de la CDU à Hambourg.

La CDU a décidé lundi d’accélérer la procédure en vue de désigner un successeur potentiel à Angela Merkel, au lendemain d’une débâcle sans précédent lors des élections régionales de Hambourg.

Thuringe, Hambourg… La liste des débâcles s’allonge pour la CDU, qui a subi dimanche dans la ville portuaire une défaite historique, avec son plus mauvais score depuis la Seconde Guerre mondiale lors d’une élection régionale dans cette ville-Etat.

11,2
%
C'est le résultat catastrophique de la CDU à Hambourg dimanche.

Markus Weinberg, tête de liste du parti a obtenu 11,2% des suffrages, arrivant en troisième position derrière les sociaux-démocrates (39 %) et les verts en pleine ascension (passés de 12,3 à 24,2% depuis 2015), devançant de quelques points seulement le parti néo-communiste Die Linke.

Le camouflet électoral est largement imputé à l’incapacité des chrétiens-démocrates à sortir du bourbier de Thuringe, en ex-RDA. Le parti a visiblement été sanctionné par une partie de son électorat à la suite des remous internes qui l’agitent entre mouvances de droite et centriste. Au niveau national, la CDU n’est plus créditée que de 27% des intentions de vote, contre 23% pour les verts et 14% pour l’extrême droite.

Cellule de crise

Réunie lundi en cellule de crise, la direction de la CDU a décidé d’accélérer la procédure de désignation d'un successeur à Angela Merkel, pour tenter de reprendre la main.

Au terme d’une semaine de consultations, la dirigeante sortante du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé la tenue d’un congrès extraordinaire à Berlin le 25 avril pour départager les quatre candidats déclarés, les modérés Armin Laschet et Norbert Röttgen ainsi que Friedrich Merz et Jens Spahn, tous deux opposants à la ligne centriste incarnée par la chancelière.

"Le choix du futur président du parti constituera un signal clair pour la candidature à la chancellerie."
Annegret Kramp-Karrenbauer

Annegret Kramp-Karrenbauer dite AKK, avait un premier temps assuré vouloir attendre le congrès régulier de décembre et la fin de la présidence allemande de l’Union européenne pour régler la question de la succession. Elle a finalement dû céder aux pressions pour éviter une longue guerre entre les quatre rivaux qui aurait un peu plus affaibli un parti exsangue.

Lundi, elle a pour la première fois précisé que le futur chef du parti sera aussi candidat à la chancellerie. "Le choix du futur président du parti constituera un signal clair pour la candidature à la chancellerie", a insisté AKK.

Dauphine désignée d’Angela Merkel, Kramp-Karrenbauer avait été emportée mi-février par le tremblement de terre politique provoqué en Thuringe par l’élection d’un ministre président libéral, avec les voix de la CDU et du parti d’extrême droite AfD. Faute d’autorité suffisante pour résoudre cette crise régionale, elle avait renoncé à succéder un jour à la chancelière.

Retraite anticipée

Si Angela Merkel a toujours dit vouloir se retirer de la vie politique après les législatives de l’automne 2021, le scénario d’une retraite anticipée de celle qui dirige l’Allemagne depuis 2005 était de nouveau évoqué lundi par son partenaire de coalition, le parti social-démocrate.

Si la CDU envisageait un changement de chancelier en cours de mandat, nous ne l’accepterions pas.
Lars Klingbeil
Secrétaire général du SPD

Si la CDU envisageait un changement de chancelier en cours de mandat, "le SPD ne l’accepterait pas", a précisé lundi le secrétaire général du parti Lars Klingbeil. "L’accord de coalition que nous avons signé en mars 2018 a été signé avec Angela Merkel."

En attendant, en Thuringe, la crise a pris un tour un peu plus inextricable au cours du week-end, une partie des chrétiens-démocrates refusant la solution de sortie de crise envisagée par les élus régionaux, qui passait par un soutien temporaire du candidat présenté par les néo-communistes. La Thuringe n’a pas de gouvernement depuis les élections d’octobre dernier, ce qui rend impossible la constitution d’une majorité sans les néo-communistes ou sans l’extrême droite.

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