Svetlana Tikhanovskaïa demande à l'Europe d'être "plus courageuse"

Le président du Parlement européen, David Sassoli, a reçu la cheffe de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa. ©AFP

La dirigeante de l'opposition biélorusse a été reçue lundi par les institutions de l'Union européenne. Elle a demandé le soutien de l'Europe contre le régime d'Alexandre Loukachenko. Les Vingt-sept ont réitéré la condamnation du dictateur, mais Chypre bloque toujours l'adoption des sanctions.

Svetlana Tikhanovskaïa, la cheffe de l'opposition biélorusse, était à Bruxelles lundi pour plaider auprès de l'Union européenne (UE) en faveur de sanctions contre le président contesté Alexandre Loukachenko. Voici plusieurs semaines que l'UE prépare une liste des sanctions contre le régime biélorusse, après avoir rejeté le résultat de la présidentielle du 9 août. Mais un Etat européen, Chypre, proche de la Russie, s'oppose à la décision finale.

"Je demande à l'Union européenne de ne pas soutenir le régime de Loukachenko."
Svetlana Tikhanovskaïa
Cheffe de l'opposition biélorusse

Voici plus de 44 jours que les Biélorusses se révoltent contre le président Loukachenko. Pas moins de 12.000 personnes sont détenues dans les prisons de la police d'Etat et du KGB. Selon Amnesty international, plus de 500 prisonniers ont été torturés depuis le début des manifestations.

Svetlana Tikhanovskaïa exhibe des images de la répression. ©AFP

L'opposante a débuté sa journée par un petit déjeuner avec les 27 ministres européens des Affaires étrangères, avant de rencontrer des représentants de la Commission européenne et le président du Parlement européen, David Sassoli. "Les dirigeants européens ont des raisons qui les poussent à ne pas prendre des sanctions. Je leur ai demandé d'être plus courageux", a expliqué Svetlana Tikhanovskaïa lors d'une conférence de presse, "je demande à l'Union européenne de ne pas soutenir le régime de Loukachenko, cela prend tellement de temps pour adopter ces sanctions", a-t-elle dit.

"Les ministres ont envoyé un message fort en disant qu'ils ne reconnaissaient pas le élections en Biélorussie."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères

L'Europe joue sa crédibilité

La question des sanctions n'a pas avancé lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères qui s'est tenue après cette rencontre. Une telle décision nécessite l'unanimité des 27 Etats européens, or Chypre refuse de donner son accord. Officiellement, le gouvernement chypriote réclame des sanctions contre la Turquie dans le cadre du bras de fer qui l'oppose à Ankara. Selon plusieurs sources, les pressions exercées sur Chypre par la Russie, le principal soutien de Loukachenko, sont également très fortes.

"Nous n'avons pu trancher cette question aujourd'hui", a déploré Josep Borrell, le haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères, "elle sera soumise au Conseil européen à la fin de cette semaine". Lors de ce sommet, prévu jeudi et vendredi, le point sera traité parallèlement aux sanctions que réclament Chypre et la Grèce contre Ankara qui a provoqué des tensions en envoyant un navire de prospection sismique dans une zone dont la souveraineté est contestée.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, reçoit Svetlana Tikhanovskaïa. ©AFP

Le chef de la diplomatie européenne était visiblement embarrassé par la situation. "Tout le monde est d'accord pour dire que nous devons adopter des sanctions contre la Biélorussie, j'en fais une affaire personnelle et j'espère que ce sera possible, la crédibilité de l'Europe en dépend", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse.

"Pour nous, les élections ont été truquées. Nous ne reconnaissons pas Loukachenko comme leader du pays."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires européennes

L'UE s'est montrée unanime pour dénoncer le président Loukachenko. "Les ministres ont envoyé un message fort en disant qu'ils ne reconnaissaient pas les élections en Biélorussie", a poursuivi Josep Borrell, "pour nous, les élections ont été truquées. Nous ne reconnaissons pas Loukachenko comme leader du pays. Nous avons souligné le courage du peuple biélorusse, l'Europe ne baissera pas la garde et nous ne reviendrons pas sur ce choix".

"Nous ne voulons pas que nos enfants grandissent dans un pays où ils peuvent être enlevés en pleine rue et conduits en prison."
Svetlana Tikhanovskaïa
Cheffe de l'opposition biélorusse

"Les sanctions sont très importantes dans notre combat. Cela nous permettra de faire pression sur les soi-disant autorités biélorusses pour obtenir un dialogue au sein du Conseil de coordination", a ajouté Svetlana Tikhanovskaïa.

L'opposante a affirmé que les manifestations contre le régime dictatorial se poursuivront. "Les gens n'abandonneront pas, ils ne lui pardonneront pas ses crimes", a-t-elle dit, "nous ne voulons pas que nos enfants grandissent dans un pays où ils peuvent être enlevés en pleine rue et conduits en prison".

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