Tariq Ramadan négocie sa libération

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S'appuyant sur un examen médical, les avocats de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, inculpé pour viols, demandent sa libération. Ils proposent en échange la remise de son passeport et le versement d'une caution de 50.000 euros.

La défense de Tariq Ramadan fait tout pour le faire sortir de prison. Sur base d'un examen médical établi le 13 février dernier, les conseils du théologien suisse de 55 ans, écroué depuis le 2 février dernier à la prison de Fleury Mérogis (près de Paris) soutiennent que l'état de santé de leur client, atteint d'une sclérose en plaques et arrivé en ambulance à l'audience de jeudi, n'est pas "compatible avec un maintien en détention". 

Outre l'aspect médical qui est évoqué pour la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Tariq Ramadan, ses avocats proposent, dans un mémoire de 30 pages déposé à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris mercredi, la remise de son passeport, le versement d'une caution de 50.000 euros, une obligation de pointer chaque jour au commissariat, une interdiction d'entrer en contact avec les deux accusatrices et de quitter le territoire. 

De son côté, la chambre d'instruction de la cour d'appel a "ordonné une expertise médicale avant de dire le droit compte tenu des éléments médicaux fournis par les conseils de Tariq Ramadan et a renvoyé l'examen du dossier au 22 février 2018. En attendant, il est maintenu en détention."

La nature des faits contestée

Depuis le début de cette affaire, qui a émergé dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis, Tariq Ramadan conteste les accusations portées à son encontre pour des faits qui auraient eu lieu le 9 octobre 2009 et en mars-avril 2012.

La défense de l'ancien professeur d'université d'Oxford remet également en question les déclarations des deux plaignantes, l'ancienne salafiste Henda Ayari et une autre femme connue sous le pseudonyme "Christelle". Si la date que la première évoque pour les faits présumés (fin mars et début avril 2012) ne serait pas compatible avec d'autres éléments du dossier, la nature des faits et l'horaire de la rencontre avec "Christelle" sont, eux aussi, contestés. 

Celle-ci a assuré que les violences sexuelles à son encontre se sont produites le 9 octobre 2009 à Lyon dans l'après-midi. Or la défense de Tariq Ramadan affirme qu'il n'est arrivé en avion à Lyon qu'à 18h35, peu avant une conférence. Sa présence dans ce vol n'a, quant à elle, pas été vérifiée, seule une réservation a été introduite dans le dossier. 

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