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Tension sur le nucléaire, qui s'invite à la table des Vingt-Sept

Angela Merkel et Emmanuel Macron, à leur arrivée au Conseil européen, où il aura notamment été question de la place du nucléaire dans le bouquet énergétique. ©AFP

La hausse des prix du gaz souligne les divergences de vues sur les options énergétiques de l'Union, à commencer par la place du nucléaire dans la stratégie de décarbonation.

L'envolée des prix du gaz valait bien un débat au Conseil européen – pour ne pas parler d’une prise de bec. La discussion devait porter sur les options de moyen et long terme pour faire baisser la note des ménages et des entreprises - avec la réaffirmation que la transition vers une économie sans carbone est une réponse structurelle à la crise. Elle aura été pimentée par deux sujets glissants : le nucléaire et le prix du carbone.

Alors que la presse française s'attend à l'annonce prochaine de la construction de six nouveaux EPR dans l'Hexagone, Paris est en pleine offensive pour défendre le financement du nucléaire par les moyens européens destinés à l'action pour le climat. Emmanuel Macron ne venait pas seul pour mener ce débat : dix États membres ont signé un texte au début du mois pour demander que l'atome soit inclus à la taxonomie "verte". La crise du gaz fait office de levier pour porter l'argumentaire : "Vous ne pouvez pas nous demander de sortir du charbon pour être dépendants du gaz russe", entend-on notamment dire depuis les rangs polonais. Discussion tendue, alors que d’autres, au premier rang desquels le Luxembourg, l’Autriche et l'Allemagne, restent vent debout contre l’atome.

La crise gazière était aussi utilisée par une minorité d'États pour tenter d’édulcorer la stratégie de baisse des émissions de CO2 présentée cet été par la Commission européenne "Fit for 55", qui prévoit notamment de mettre un prix sur les émissions des bâtiments et transports routiers.

Achats groupés

"Je ne suis pas sûr que pour la Belgique [des achats groupés de gaz] fasse[nt] beaucoup de différence."
Alexander De Croo
Premier ministre

Autre thématique du jour, moins sensible politiquement, mais plus directement liée aux prix du gaz : l’idée de créer des achats et stocks de gaz communs européens. Portée par l’Espagne, l’idée est envisagée par la Commission européenne comme une piste possible de collaboration entre États volontaires. La Belgique ne s'y opposera pas "si ça peut aider certains pays", a indiqué le Premier ministre Alexander De Croo en arrivant à la réunion. Mais "je ne suis pas sûr que pour la Belgique ça fasse beaucoup de différence", a-t-il ajouté.  

La France, de son côté, plaide pour réformer le marché de l'électricité, pour que ses prix de gros ne soient plus indexés sur celui du gaz - ce qui menace de pénaliser les États qui font des progrès vers des énergies décarbonées.

De ces débats, le Conseil européen ne devait pas sortir de conclusions définitives. Les Vingt-Sept devaient appeler la Commission à envisager "rapidement" de nouvelles mesures, et la Banque européenne d'investissement (BEI) à accélérer les investissements dans la transition énergétique.

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