Theresa May lancera le Brexit à la fin du mois

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Les députés britanniques ont approuvé lundi soir la loi autorisant le gouvernement britannique à activer l'article 50 du Traité de Lisbonne qui déclenchera le divorce d'avec l'Union européenne. La chambre des Communes a rejeté les deux amendements introduits par la chambre des Lords, la chambre haute du parlement britannique, qui doit maintenant donner à son tour son accord final à la loi.

Les rumeurs sur le moment auquel la Première ministre britannique Theresa May invoquera l’article 50 du Traité de Lisbonne lançant le processus de négociation du Brexit ne cessent de tenir la presse britannique, et l’Europe entière, en haleine.

Le fait que d’autres dossiers chauds pourraient interférer avec celui du Brexit aurait poussé May à prendre son temps.

Lundi matin, plusieurs sources évoquaient la possibilité que May se jette à l’eau dès ce mardi, avant que son porte-parole n’insiste, quelque peu excédé, sur le fait que l’échéance fixée par May est fin mars. "J’ai dit ‘fin’ de nombreuses fois, mais il semblerait que je ne l’ai pas suffisamment mis en capitales", a-t-il lancé à la presse. Au final, il semblerait qu’elle attendra la dernière semaine de mars pour franchir le pas. S’enclenchera alors le processus de deux ans au cours duquel Londres doit négocier avec ses partenaires européens les conditions auxquelles le Royaume-Uni quittera l’Union européenne.

Débats à Westminster

Ce lundi en début de soirée, May n’attendait en tout cas plus que le feu vert de son Parlement pour pouvoir techniquement invoquer le fameux article 50. Elle l’a partiellement obtenu en soirée. La Chambre des députés a en effet rejeté les deux amendements apportés la semaine dernière par la Chambre des Lords au projet de loi sur le Brexit et a lui renvoyé sa copie ainsi corrigée.

Les amendements visent, d’une part, à garantir les droits des ressortissants européens vivant au Royaume-Uni et d’autre part, à donner au Parlement britannique le pouvoir de rejeter le résultat des négociations de May avec les Vingt-Sept, y compris de l’obliger à retourner à la table des négociations en l’absence d’accord. Certains députés conservateurs se sont montrés sensibles au second amendement sans que l’on puisse pour autant parler d’une réelle menace pour May.

Une fois leurs amendements rejetés, les Lords doivent encore se prononcer sur le texte renvoyé par les députés. Une réunion est prévue ce lundi en fin de soirée, au cours de laquelle ils devaient, selon toute vraisemblance, jeter l’éponge et adopter le texte tel quel. À moins qu’ils aient préféré prendre leur temps. Le calendrier parlementaire de la semaine prévoyait la possibilité de débats jusqu’à mercredi…

Autres rendez-vous

Le fait que d’autres dossiers chauds pourraient interférer avec celui du Brexit aurait poussé May à prendre son temps. Premier autre rendez-vous délicat: les élections législatives qui se tiendront ce mercredi aux Pays-Bas et qui pourraient déboucher sur une percée historique du candidat populiste Geert Wilders.

L'Ecosse anti-Brexit fait un pas décisif vers l'indépendance

Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, l’a officiellement annoncé ce lundi: la semaine prochaine, elle demandera à l’assemblée écossaise de lancer le processus devant mener à un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse fin 2018 ou début 2019, en tout cas avant la fin des négociations sur le Brexit. Et l’assemblée, où les indépendantistes du SNP sont majoritaires, le lui accordera. Sturgeon reproche notamment à Londres de ne pas laisser la possibilité aux Ecossais de rester dans le marché intérieur européen après le Brexit alors qu’ils avaient voté à 62% pour le maintien dans l’UE lors du référendum de juin dernier.

Il lui faudra le feu vert de Londres pour organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. La plupart des observateurs s’accordent pour dire que Theresa May n’aura d’autre choix que d’accorder cette nouvelle consultation populaire, même si elle y est personnellement opposée. Mais Downing Street pourrait pousser à ce que ce référendum se tienne après la fin des négociations sur le Brexit, et non pas avant comme souhaité par Sturgeon. Ainsi, Londres pourrait se focaliser sur les négociations avec l’UE. Lors du dernier référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, en septembre 2014, 55% des Ecossais avaient voté contre. Mais les indépendantistes écossais ont à nouveau le vent en poupe depuis le vote sur le Brexit. Et les derniers sondages montrent les partisans de l’indépendance et ceux du maintien au sein du Royaume-Uni au coude-à-coude. C.M.

Les 17 et 18 mars, se tiendra la conférence du SNP, le parti nationaliste écossais, dont on sait tout le mal qu’il pense du Brexit. Lundi encore, sa chef de file, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, monopolisait l’attention des médias en annonçant qu’elle demanderait officiellement la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse la semaine prochaine (lire encadré ci-contre). Et le 25 mars, l’Europe fêtera les 60 ans du Traité de Rome. Le moment serait mal choisi pour parler divorce…

Quoiqu’il en soit, rien ne sert de se presser pour May. Même si elle n’invoque l’article 50 qu’à la fin mars, elle ne pourra pas commencer les négociations avec ses partenaires européens avant un prochain sommet qui pourrait se tenir le 6 avril.

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