Theresa May obtient des "changements contraignants" dans l'accord sur le Brexit

La Première ministre Theresa May et le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier ©REUTERS

La Première ministre britannique Theresa May et le Président de la Commission Jean-Claude Juncker ont apporté lundi soir à Strasbourg des changements sur le "backstop" pour tenter d'obtenir un vote positif mardi au Parlement britannique.

"Pour s'améliorer, il faut changer. Donc pour être parfait, il faut avoir changé souvent", a dit Winston Churchill. La Première ministre britannique Theresa May aura tout tenté ces derniers mois pour changer l'accord sur le Brexit. Elle a fini par obtenir des concessions en venant à Strasbourg, mais seul le vote du Parlement britannique, ce mardi, dira si elles sont suffisantes.

Theresa May a obtenu des changements "légalement contraignants" sur le "backstop" (filet de sécurité) lundi soir, lors de négociations de la dernière chance avec le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker

L'Union européenne et le Royaume-Uni se sont engagés lors de cette rencontre à trouver les modalités pour éviter le rétablissement d'une frontière dure entre les deux Irlandes sans utiliser le "backstop" d'ici fin 2020.

Je suis certain que l'accord auquel nous sommes parvenu aujourd'hui est le seul accord faisable"
Jean-Claude Juncker
Président de la Commission européenne

"La Première ministre et moi-même sommes convenus d'un instrument juridique contraignant précisant la nature du backstop", a expliqué Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse."Je suis certain que l'accord auquel nous sommes parvenus aujourd'hui est le seul accord faisable", a-t-il ajouté, "il reste que c'est un jour triste pour l'Union européenne".

"Je persiste et signe sur cet accord pour mon pays, nous regagnons le contrôle sur notre législation", a dit Theresa May, "nous devons avoir l'assurance qu'il n'y aura jamais de frontière dure avec l'Irlande", mais "des changements juridiquement contraignants étaient nécessaire. L'accord (de ce soir) signifie que l'UE ne pourra pas agir de manière à imposer le backstop de manière indéfinie".

Le leader travailliste Jeremy Corbyn se montre pessimistes sur les changements obtenus: "Les négociations de la Première ministre ont échoué.L'accord d'hier soir avec la Commission européenne ne contient rien qui s'approche des changements promis par Theresa May au Parlement", écrit-il sur Twitter.

Négociations de la dernière chance

©REUTERS

Arrivée vers 21h au Parlement européen à Strasbourg, par l'entrée du bâtiment Winston Churchill, tout un symbole, Theresa May s'est engouffrée dans une salle avec Jean-Claude Juncker, flanqué du négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Son objectif? Obtenir des concessions à l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE qui lui permette de retourner en sa faveur les députés hostiles à l'accord du Brexit lors du vote de mardi au Parlement britannique.

Après plus de deux heures d'intenses négociations, Theresa May et Jean-Claude Juncker annonçaient l'adoption d'un instrument commun apportant des clarifications sur le "backstop".

"Le Royaume-Uni se réserve le droit, suivant cet accord, de prendre si nécessaire des mesures pour retirer le "backstop" de manière unilatérale"
Thersa May
Première ministre britannique

Les changements obtenus par la Première ministre britannique garantissent que le Royaume-Uni ne sera pas enfermé indéfiniment dans le "backstop", le filet de sécurité exigé par l'UE visant à empêcher le retour d'une frontière physique entre les deux Irlandes.

"Le Royaume-Uni se réserve le droit, suivant cet accord, de prendre si nécessaire des mesures pour retirer le "backstop" de manière unilatérale", a insisté Theresa May.

Avec cet accord, l'UE et Theresa May espèrent obtenir la ratification de l''accord sur le Brexit"L'accord de retrait est sur la table depuis 105 jours, le processus de ratification est en cours et je ne doute pas qu'il pourra être conclu dans les temps", a dit Jean-Claude Juncker.

Ces changements seront-ils suffisants pour emporter le vote positif des députés britanniques? Il est permis d'en douter. Peu après l'annonce de Theresa May et Jean-Claude Juncker, le leader du Labour Jeremy Corbyn balayait cet accord d'un revers de la main et confirmait que son parti voterait contre l'accord du Brexit. 

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