Titrisation, le retour en grâce

Michel Barnier ©EPA

La Commission lance un plan d’action pour répondre aux besoins de financement à long terme de l’économie européenne. Surprise, la titrisation, très critiquée lors de la crise de 2008, opère un retour en grâce.

La crise ayant réduit la capacité du secteur financier à canaliser l’épargne vers les besoins d’investissement à long terme, les pays européens doivent s’orienter vers un financement direct par les marchés et un recours croissant aux financements alternatifs et aux investisseurs institutionnels, a expliqué jeudi la Commission européenne.

Dans une feuille de route, l’exécutif communautaire passe en revue toutes les possibilités qui peuvent servir d’alternatives au crédit bancaire pour favoriser les investissements dans les infrastructures et les jeunes entreprises: les marchés d’actions et d’obligations, les fonds de pension, le financement participatif (crowdfunding), le crédit interpersonnel ("peer to peer") en ligne et même la titrisation, le regroupement de prêts sous forme de titres portant intérêt.

Le marché des produits titrisés avait été accusé d’avoir été à l’origine de la crise financière en 2007-2008. Il s’est fortement réduit depuis. Il est néanmoins à nouveau considéré par la Commission comme une alternative majeure au crédit bancaire.

Pour Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, il n’y a pas de contradiction dans cette évolution.

Selon lui, "une bonne titrisation sur des produits standardisés (…) peut être utile pour les PME. Il n’y a pas d’idéologie. (…) On ne va pas recommencer les histoires de subprime, on est averti là-dessus", a-t-il souligné.

En début d’année, la Commission a adopté un projet législatif sur la séparation des activités bancaires à risques. La titrisation complexe est visée par ce projet législatif qui ne devrait concerner qu’une trentaine de grandes banques européennes.

Concernant les autres pistes évoquées, la Commission est de facto forcée d’admettre que le durcissement de la réglementation bancaire entrepris ces dernières années dans l’Union comme aux Etats-Unis pour tenter de prévenir une nouvelle crise financière n’a pas eu que des effets positifs. Cela a eu pour conséquence indésirable de rendre plus coûteuse la participation des banques et des compagnies d’assurance aux financements à long terme.

Elle souhaite donc désormais assouplir certaines de ces nouvelles contraintes, notamment pour permettre aux fonds de pension, qui représentent un total de 2.500 milliards d’euros dans l’UE, d’investir davantage dans ce type de projets.

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