"Tout faire" pour sauver l'Euro

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Le président français Nicolas Sarkozy a indiqué que la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien Mario Monti et lui-même étaient déterminés à "tout faire pour soutenir et garantir la pérennité de l'euro".

Les trois premières économies de la zone euro sont déterminées "à tout faire" pour garantir la pérennité de l'euro, a déclaré jeudi le président français Nicolas Sarkozy, à l'issue d'un mini-sommet entre l'Allemagne, la France et l'Italie à Strasbourg, dans l'est de la France.

Il a précisé que les trois pays étaient d'accord d'assurer l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) et vont s'abstenir de demandes "positives ou négatives" à cette institution, a annoncé le président Nicolas Sarkozy à Strasbourg après un sommet tripartite.

Le président français a indiqué devant la presse que la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien Mario Monti et lui-même étaient déterminés à "tout faire pour soutenir et garantir la pérennité de l'euro".

Le nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti, a confirmé jeudi à Strasbourg, dans l'est de la France, l'engagement de son pays de ramener son budget à l'équilibre en 2013, alors qu'il avait laissé planer un doute à ce sujet ces derniers jours. Il a affirmé leur avoir présenté son programme, "en confirmant l'objectif de l'équilibre budgétaire pour 2013".

Le mini-sommet sur la crise de la dette dans la zone euro entre les dirigeants français Nicolas Sarkozy, allemande Angela Merkel et italien Mario Monti a débuté jeudi à la mi-journée.

Officiellement, il s'agit pour les dirigeants des trois plus grandes économies de la zone euro de préparer le sommet européen du 9 décembre. C'est aussi une manière d'associer l'Italie, agacée par le couple franco-allemand, ce "petit directoire", selon l'expression d'un haut responsable italien.

Les places financières européennes rebondissaient jeudi matin après trois jours de baisse. Mais les craintes demeurent vives face à une crise qui, au-delà de Rome, se propage à l'ensemble de la zone euro.

La France a ainsi reçu coup sur coup, ces derniers jours, les avertissements de deux des trois grandes agences de notation financière, Moody's et Fitch, qui l'ont prévenue que son "triple A" qui lui permet de s'endetter à bas coût serait menacé en cas d'aggravation de la crise.

A Paris, on a noté que le sort qui lui est réservé sur les marchés de la dette ces dernières semaines est corrélé à celui de l'Italie, en pleine zone de turbulences.

L'Allemagne pas à l'abri

Mais l'Allemagne, moteur de la croissance européenne et référence des marchés, n'est pas totalement à l'abri. Ses perspectives économiques pour 2012 sont moroses, et, surtout, Berlin a eu beaucoup de mal à attirer les investisseurs lors d'un emprunt obligataire mercredi.

Un événement qui n'est pas passé inaperçu. La crise "touche toutes les économies, même les plus solides", a constaté jeudi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Or, à Paris comme dans plusieurs capitales européennes, on veut croire qu'"en cas d'aggravation de la crise, l'Allemagne finira par bouger" sur les solutions à adopter, explique un diplomate européen.

Autrement dit, qu'elle cèdera face aux demandes insistantes de la France et d'autres pays pour que la Banque centrale européenne (BCE) s'investisse davantage pour protéger les Etats en difficulté.

Initiative commune

Selon une source diplomatique, le chef de l'Etat français et la chancelière allemande pourrait annoncer, jeudi ou dans les prochains jours, une initiative commune en faveur d'une révision des traités.

"Paris espère obtenir en contrepartie une avancée allemande sur la BCE", relève-t-on de même source. "Mais Angela Merkel ne veut pas ouvrir cette brèche pour l'instant, par crainte de ne plus pouvoir faire marche arrière."

L'Allemagne est pourtant de plus en plus isolée sur cette position.

En proposant un changement des traités, le risque existe "que l'Union européenne meure", a ainsi mis en garde jeudi le vice-Premier ministre du Luxembourg Jean Asselborn.

Dans ce contexte, juge la presse italienne, Mario Monti pourrait jouer le "médiateur", car il est favorable aux euro-obligations mais opposé à un changement du mandat de la BCE, et il pourrait accepter une révision des traités à condition que les investissements stratégiques pour la croissance soient exclus du calcul des déficits publics.

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