Trois candidats pour diriger l'Eurogroupe

Pierre Gramegna, Nadia Calvino et Paschal Donohoe. ©AFP

Une Espagnole familière de la bulle bruxelloise, un Irlandais soucieux d'économies budgétaires et un Luxembourgeois rompu aux compromis sont candidats à la présidence de l'Eurogroupe.

Le cénacle des ministres des Finances qui veille sur l'euro et l'économie de ses 19 États membres élira ce jeudi celui ou celle qui prendra la succession du Portugais Mario Centeno qui, lui-même, avait succédé au Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Trois candidats sont en lice: l'Espagnole Nadia Calvino, l'Irlandais Paschal Donohoe et le Luxembourgeois Pierre Gramegna.

Nadia Calvino: une experte européenne

Ministre de l'Économie, Nadia Calvino (51 ans) fait figure de modérée aux accents libéraux au sein du gouvernement de coalition de gauche au pouvoir à Madrid.

Avant sa nomination par Pedro Sanchez en juin 2018, elle était directrice du Budget de la Commission européenne à Bruxelles où elle travaillait depuis douze ans. Elle a aussi occupé des postes à la direction de la Concurrence et à celle du Marché intérieur au sein de l'exécutif européen.

Nadia Calvino pourrait être la première femme à la tête de ce club très masculin.

Dans sa course à la présidence de l'Eurogroupe, elle a reçu un soutien précieux, celui de la chancelière allemande Angela Merkel. En cas de victoire, elle serait la première femme à la tête de ce club très masculin.

Mais certains pays - notamment les plus libéraux - s'opposent à son élection, doutant qu'elle ait les qualités requises pour une présidence qui réclame un sens aigu du compromis.

Paschal Donohoe: un gestionnaire prudent

Aux manettes des finances de l'Irlande depuis 2017, le ministre de centre-droit Paschal Donohoe a ramené son pays sur le droit chemin budgétaire après une sévère récession, des efforts risquant d'être anéantis par la pandémie du coronavirus.

C'est sous l'impulsion de cet homme de 45 ans aux tempes grisonnantes que le gouvernement irlandais a enregistré en 2018 son premier surplus budgétaire depuis la crise financière, qui avait mis à terre l'économie du "tigre celtique" dix ans plus tôt.

Paschal Donohoe défend un taux d'imposition des sociétés à 12,5%.

Parallèlement, ce fan de Star Wars prépare l'Irlande à l'éventuel choc d'un Brexit sans accord, auquel son pays serait particulièrement exposé.

Il défend un taux d'imposition des sociétés à 12,5%, particulièrement bas, et fait de la résistance quand l'Union veut taxer les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) l'Irlande abritant les sièges européens de géants américains du numérique.

Pierre Gramegna: l'art du compromis

Candidat malheureux en 2017 contre le Portugais Mario Centeno, qui quitte aujourd'hui le poste, le libéral Pierre Gramegna (62 ans), a décidé de retenter sa chance.

Membre depuis presque 7 ans de l'Eurogroupe, ce diplomate de carrière peut se vanter de sa longévité à la tête du ministère des Finances du Grand-Duché, où il a été nommé fin 2013.

Ce polyglotte - outre sa langue nationale, il parle allemand, anglais, français, italien - s'est attaché à redorer l'image du Luxembourg, alors accusé d'encourager l'optimisation fiscale à grande échelle.

Dans le domaine budgétaire, Pierre Gramegna est partisan d'une certaine rigueur.

Dans le domaine budgétaire, Pierre Gramegna est partisan d'une certaine rigueur.

Il fait partie des ministres des Finances de l'UE qui préféreraient une solution négociée au niveau mondial sur une taxe européenne frappant les géants du numérique.

S'il l'emporte, Pierre Gramegna serait le deuxième Luxembourgeois à occuper ce poste, après Jean-Claude Juncker (2005-2013).

Mario Centeno a annoncé début juin son départ du gouvernement portugais et qu'il ne chercherait donc pas à renouveler son mandat à la présidence de l'Eurogroupe, qui arrive à échéance le 12 juillet. Il ambitionne de devenir gouverneur de la Banque centrale du Portugal.

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