Trois questions à Alexandre De Groote

Alexandre De Groote, administrateur-délégué de Petercam Institutional Bonds. (Photo: Danny Gys)

Alexandre De Groote est administrateur-délégué de Petercam Institutional Bonds

Quelle pourrait être la réaction des marchés à la dégradation de la note de plusieurs pays européens?

Ces dégradations sont déjà en grande partie comprise dans les cours des obligations gouvernementales. Pour beaucoup de pays visés, le différentiel de taux par rapport à l'Allemagne, référence du marché, est déjà très élevé depuis six à neuf mois. Je ne m'attends pas à de grands bouleversements. Bien entendu, on peut s'attendre à une réaction des marchés avec une volatilité importante mais on ne verra pas les différentiels exploser ni les taux d'intérêt grimper en flèche. Je ne m'attends pas à des changements de plus de 20 à 25 points de base (0,2 à 0,25 point de pourcentage, ndlr). En ce qui concerne l'évolution ultérieure du marché obligataire, tout dépendra des perspectives attachées à ces notes souveraines.

Parmi les "ratings" des pays de la zone euro, comment expliquer le cas de la Belgique?

L'État belge a bénéficié de plusieurs éléments favorables récemment, tels que l'approbation du budget 2012 par la Commission européenne en début de semaine. D'un autre côté, le déficit budgétaire a été revu à 4% du PIB (produit intérieur brut, ndlr) pour l'année 2011. Le gouvernement promet de le ramener à 3% dès cette année. Les agences de notation, que ce soit Standard & Poor's ou les autres, continueront à suivre de près l'évolution de la situation financière du Royaume, non seulement sur le plan budgétaire mais au point de vue de la croissance économique.

La Belgique va rester sous monitoring, comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la zone euro.

Pour la France, les conséquences d'une dégradation ne risquent-elles pas d'être plus fâcheuses que pour d'autres États? 

Les dirigeants français ont préparé le terrain. Leur discours des derniers mois laisse entendre qu'une dégradation de la note n'est pas catastrophique et qu'ils peuvent la surmonter. Cela dit, pour le président Sarkozy, en pleine campagne électorale, cela peut lui poser des problèmes. Et en tout état de cause, les futurs dirigeants français ont du travail: leur déficit public de 2011 est tout de même de 5,6% du PIB. Et il faut revenir à l'équilibre en 2015... L'autre conséquence d'une dégradation de la France, c'est la perte consécutive du "AAA" du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le marché l'a anticipée puisque le Fonds a émis récemment des titres à trois ans avec un différentiel de taux d'intérêt de 120 points de base par rapport à l'Allemagne, alors qu'au début de l'existence du FESF, ce différentiel était de 20 à 25 points de base.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés