Trump menace l'Europe pour hâter un accord commercial

Le président Donald Trump tenait une conférence au 50e Forum économique mondiale, organisé à Davos. ©REUTERS

Donald Trump veut conclure un accord commercial avec l’Union européenne avant la présidentielle américaine. Mercredi à Davos, il a menacé d’imposer une taxe de 25% sur les voitures européennes.

Depuis quelques temps, un air de présidentielle américaine imprègne les relations internationales, et ça se sent jusque dans les montagnes suisses. Mercredi, à Davos, le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé d’imposer des taxes de 25% sur les automobiles européennes si un accord commercial n’était pas conclu.

D’après le locataire de la Maison-Blanche, les Etats-Unis perdent 150 milliards de dollars par an dans leur commerce avec les États de l’Union européenne en raison de taxes et de barrières commerciales injustifiées.

Le candidat républicain ne cache pas qu’il a une date très précise en tête pour conclure cet accord, l’élection présidentielle de novembre prochain. "Je crois qu’on aura un accord avant", a-t-il ajouté. Dans le cas contraire, les Etats-Unis se serviront sur les importations des voitures européennes.

Après la Chine, l’Europe

Cette sortie musclée a lieu peu après la conclusion d’un accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine, dont l’économie s’est essoufflée après deux ans de guerre commerciale.

Maintenant qu’il en a "fini" avec Pékin, le président Trump veut en découdre avec l’Europe. "Il est plus difficile de faire des affaires avec l’Europe qu’avec la Chine. Il suffit de demander à Boris (Johnson)."

"Ils ont des barrières commerciales empêchant de faire du commerce, ils ont des tarifs partout, ils rendent cela impossible."
Donald Trump

Donald Trump, en pleine campagne électorale, force le trait. "Ils ont des barrières commerciales empêchant de faire du commerce, ils ont des tarifs partout, ils rendent cela impossible", a-t-il dit.

Le Président des Etats-Unis veut aller vite, mais il n’est pas certain qu’il y parvienne, bien qu’il soit possible de progresser dans certains secteurs. Son prédécesseur, Barack Obama, moins enclin aux menaces, n’avait pas réussi à faire plier les Européens. La négociation de l’accord de libre-échange entre les deux zones (TTIP) s’était heurtée, entre autres, aux questions agricoles. Peu avant l’élection présidentielle, les pourparlers avaient été gelés en attendant l’installation de la nouvelle administration américaine.

En forme, le président Trump a également proposé, ce mercredi à Davos, de réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a dénoncé la manière "peu équitable" dont les Etats-Unis ont été traités par l’institution. Selon lui, il s’agirait d’une "réforme très spectaculaire".

L’Europe prête à conclure en "quelques semaines"

©Bloomberg

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen faisait mercredi sa première intervention à Davos. Elle a repris de volée les diatribes de Donald Trump, peu impressionnée par ses menaces.

"Ce n’est pas une bonne idée de s’engager dans des différends commerciaux pendant des mois."
Ursula von der Leyen

"Nous prévoyons d’avoir dans quelques semaines un accord que nous pourrons signer ensemble, a indiqué la présidente de la Commission. Ce n’est pas une bonne idée de s’engager dans des différends commerciaux pendant des mois, et nous nous sommes assis ensemble tous les deux pour négocier et trouver des solutions." Cet accord couvrirait le commerce, les technologies et l’énergie.

La veille, Ursula von der Leyen a rencontré Donald Trump pour la première fois. "L’échange fut d’une extrême courtoisie, selon une source européenne. Ils ont comparé leur agenda et constaté leurs divergences."

La France et les Etats-Unis ont évité une guerre commerciale sur la taxation des géants du net. Ce mercredi, les grands argentiers français et américain ont affiné l’accord conclu deux jours auparavant entre Donald Trump et le président français Emmanuel Macron. Le temps de trouver un accord sur la fiscalité du numérique, Paris accepte de reporter le paiement de la taxe sur les Gafa à décembre 2020 tandis que les Etats-Unis renoncent à surtaxer les produits français.

L’UE défend son pacTe vert à Davos

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a défendu le Pacte vert pour l’Europe lors de son discours à Davos ce mercredi. Elle a invité les partenaires commerciaux de l’Europe à œuvrer "à des conditions équitables au niveau mondial" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, de telle sorte que la transition vers la neutralité carbone ne ruine pas la compétitivité des entreprises européennes. Si une telle collaboration se met en place, alors l’UE renoncera à introduire une taxe carbone à ses frontières extérieures.

Ursula von der Leyen a aussi défendu le développement d’une Europe de la défense afin de peser dans les crises internationales. L’Europe a "besoin de capacités crédibles" a-t-elle dit, soulignant que "le hard power n’est jamais le seul levier". 

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