UE: le Royaume-Uni réclame un budget à la baisse

David Cameron

Le Premier ministre britannique s'oppose vivement à une augmentation du budget européen. Il le fait savoir par le biais d'une lettre envoyée aux gouvernements européens afin de les rallier à sa cause. En effet, le Parlement européen souhaiterait voir le budget de l'UE augmenté pour 2011.

David Cameron, le Premier ministre britannique, a fait parvenir un courrier à l'ensemble des chefs d'Etat européens. L'objet de la lettre visait la possible augmentation du budget de l'UE, réclamée par le Parlement pour l'an prochain. Cette lettre met ainsi des bâtons dans les roues à la présidence belge de l'Union. En effet, de délicates négociations inter-institutionnelles ont débuté à ce sujet. Le premier ministre Yves Leterme (CD&V) déplore l'appel lancé par son homologue britannique. "Cette lettre est provocante, et manifestement à usage (de politique) interne", a-t-il dénoncé.

Contraint d'imposer une lourde cure d'assainissement à son pays, David Cameron avait indiqué, dès son arrivée jeudi soir à Bruxelles, vouloir brider les dépenses européennes, avec le soutien d'autres gouvernements. Les arguments du chef d'Etat britannique pointent la demande inacceptable du Parlement européen qui souhaite relever d'environ 6% le budget communautaire en 2011. Par ailleurs, les gouvernements s'étaient accordés, il y a peu, afin de limiter la hausse du budget à 2,91%. "Si les Etats membres coupent dans leurs budgets, je ne vois pas pourquoi l'Union européenne ne devrait pas en faire de même", avance-t-il.

Le texte cours et incisif qui circule depuis jeudi soir a déjà reçu le soutien de 10 pays. Ainsi, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Suède, la République tchèque, le Danemark, l'Autriche, la Finlande, la Slovénie et l'Estonie ont rejoint les rangs du Royaume-Uni.

 

Président en exercice de l'UE jusqu'à la fin de l'année, c'est maintenant au Premier ministre Yves Leterme de trouver un terrain d'entente entre le Parlement et le Conseil. Conformément au nouveau traité de Lisbonne, ces deux institutions disposent désormais de pouvoirs égaux en matière d'élaboration du budget, ce qui entraîne d'inévitables tensions entre un Parlement désireux d'octroyer à l'UE des moyens de fonctionnement suffisants, et des gouvernements européens aujourd'hui confrontés à d'importants déficits. 

Limitées dans le temps, ces négociations doivent aboutir pour le 11 novembre au plus tard. Déjà au centre des discussions du sommet de ces jeudi et vendredi, la question budgétaire reviendra sur le tapis lors du prochain rendez-vous bruxellois des dirigeants européens, à la mi-décembre.

 

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