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Ukraine: l'Europe à nouveau impuissante

Journaliste

Le conflit dans l’est de l’Ukraine s’intensifie.

Comme l’an dernier à quelques jours de la célébration de l’indépendance de l’Ukraine, le 24 août, le conflit entre les forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes reprend vigueur. C’est l’été. Les gouvernements européens et l’Union tournent au ralenti. Les belligérants ont choisi ce moment pour tailler, à coup de tirs d’artillerie, dans la trêve qu’ils ont signée six mois auparavant. En une nuit, ils ont tué huit civils et détruit des dizaines de maisons. En même temps, les pro-russes ont intensifié leur harcèlement contre les observateurs de l’OSCE.

Les médias des deux camps font tourner la propagande bon marché. La presse ukrainienne annonce "la grande invasion russe pour le 24 août", tandis que "Novorossia", un journal proche du Kremlin, titre sur la "Renaissance des jeunesses hitlériennes en Ukraine".

L’Europe s’est mise sur pause pour l’été et s’avère incapable de donner de la voix pour faire respecter le processus de paix qu’elle a initié.

Vladimir Poutine développe, depuis un an, une nouvelle stratégie: la guerre hybride, faite de conflits locaux aux frontières de la Russie, d’attaques cybernétiques, de propagande et de terrorisme indépendantiste. En même temps, la Russie reste l’un des premiers fournisseurs en hydrocarbures de l’Europe.

Que fait l’Union européenne? Face à ce nouveau type de menace, elle n’a aucune réponse, si ce n’est des sanctions économiques dont l’efficacité est limitée. Quant au processus de paix initié à Minsk, il tourne au ralenti.

Pire. Alors que la guerre est aux portes de l’Europe, l’équipe des commissaires européens et la Haute représentante sont en congé. L’Europe s’est mise sur pause pour l’été et s’avère incapable de donner de la voix et de s’adresser aux belligérants pour faire respecter le processus de paix qu’elle a mis en place.

En une semaine, c’est la deuxième fois, avec la crise des migrants, qu’elle affiche son impuissance. Pourtant, la guerre, qu’elle soit en Ukraine ou en Syrie, ne connaît pas de repos. Et les combattants, qu’ils portent le nom d’islamistes ou une cagoule estampillée par le Kremlin, continuent leurs basses œuvres.

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