Un agenda stratégique plus vert est acquis, mais la bataille des chiffres se poursuit

©Hollandse Hoogte / Flip Franssen

Les dirigeants européens adoptent jeudi leur agenda stratégique, qui insiste sur l’enjeu climatique. Reste à trouver un consensus sur l’objectif de neutralité carbone pour 2050.

Après l’élection du Parlement européen, un nouveau cycle politique s’ouvre, et les dirigeants adoptent donc leur agenda stratégique. Le document, qui donne la direction générale que doit prendre l’Union et guide le travail de ses institutions, fait déjà l’objet d’un accord et sera formellement adopté ce jeudi par les dirigeants de l’Union.

L’agenda s’inscrit dans la continuité des orientations prises en septembre 2016, lorsque les Vingt-Sept s’étaient réunis pour la première fois pour envisager l’avenir post-Brexit. Mais à l’époque, l’"agenda de Bratislava" se concentrait sur les questions de sécurité, de contrôle des frontières et de développement économique.

Deux points clés se sont ajoutés pour former le nouveau cadre stratégique: le rôle de l’Europe en tant qu’acteur global, et l’intensification des actions pour contrer "la menace climatique existentielle". La formulation est forte, le contenu l’est moins.

Zéro émission en 2050

Car si l’adoption de cet agenda stratégique va se faire sans débat, c’est que le document ne touche pas aux questions qui fâchent. C’est sur le texte des conclusions du Conseil européen que porteront les discussions: une majorité d’États membres plaide pour ajouter au texte des chiffres, et notamment celui de la neutralité climatique à atteindre en 2050.

"Il faut que chacun adhère [à l’objectif zéro carbone pour 2050]. On travaille sur la façon de rassurer sur le fait que chacun pourra y arriver."
Un diplomate européen

Des pays comme la Pologne et la Hongrie s’opposaient jusqu’ici à une ambition qu’ils voient porter atteinte à leur compétitivité. De là à entrer dans un chantage pour obtenir des compensations? "Ils sont bénéficiaires nets du budget, je ne crois pas que ce soit dans leur intérêt de mettre en balance le budget et les objectifs climatiques. Si certains le font, ce seront les pays climato-progressistes", souligne un diplomate de haut rang.

"Il ne s’agit pas d’imposer, souligne l’ambassadeur d’un autre pays demandeur de plus d’ambition. Il faut que chacun y adhère. On travaille sur la manière de rassurer sur le fait que chacun pourra y arriver."

L’espoir de voir le Conseil unanime sur cette question dès ce jeudi est mince. Mais alors qu’aucun accord n’a été conclu en amont par les ambassadeurs, "probablement que ce désaccord persistera au Conseil européen", selon ce diplomate. C’est pourtant la dernière occasion pour le Conseil d’afficher une ambition nouvelle si l’Union veut se poser en leader lors du sommet de l’action convoqué en septembre par le secrétaire général des Nations unies.

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