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Un britannique au sommet de la Berd

L'Allemand Thomas Mirow (photo) cède sa place au Britannique Suma Chakrabarti.

Pour la première fois depuis sa création en 1991, le poste échappe à un Français ou à un Allemand: c'est le haut fonctionnaire britannique Suma Chakrabarti va prendre la tête de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Un Britannique a créé la surprise vendredi en étant élu pour quatre ans à la présidence de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

Haut fonctionnaire spécialiste du développement et ancien collaborateur du Premier ministre britannique travailliste Tony Blair, Suma Chakrabarti, 53 ans, a été désigné à l'issue d'un vote à bulletin secret des 65 gouverneurs de la Berd représentant les pays ou institutions actionnaires de la banque, réunis en assemblée générale à Londres.

Sir Suma Chakrabarti - il a été anobli en 2006 - sera chargé de mettre en oeuvre l'extension des missions de la Berd aux pays arabes. Il doit prendre ses fonctions en juillet.

Il a battu le président sortant, l'Allemand Thomas Mirow, qui était candidat à un nouveau mandat, et le Français Philippe de Fontaine Vive Curtaz, vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI) qui bénéficiait du soutien tacite de Paris et Berlin.

L'ancien vice-Premier ministre serbe Bozidar Djelic et l'ex-Premier ministre polonais Jan Krzysztof Bielecki étaient également candidats.

UN TOURNANT

Les pays de l'Union européenne, qui choisissaient jusqu'à présent le président de la Berd en amont, n'avaient pas réussi cette fois-ci à se mettre d'accord, ouvrant la voie à un vote des actionnaires.

La candidature britannique avait constitué une surprise en elle-même, une règle tacite voulant jusqu'à présent que le Royaume-Uni, qui dispose déjà du siège de la banque, ne brigue pas le poste.

Depuis 1991, la Berd a eu trois présidents français et deux allemands.

L'élection de M. Chakrabarti marque donc un tournant dans l'histoire de la banque. Selon les éléments biographiques communiqués par la Berd, il parle couramment l'anglais et le bengali, a "des notions très basiques" de français et d'allemand.

Malgré les bons résultats de la banque sous sa présidence, M. Mirow n'a pas bénéficié, selon des sources diplomatiques, du soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, qui aurait apporté son soutien tacite au candidat français.

La désignation du patron de la Berd entrait dans le cadre d'un jeu de chaises musicales incluant d'autres postes économiques européens importants devant être prochainement pourvus, comme la présidence de l'Eurogroupe ou celle du Mécanisme permanent de secours de la zone euro (MES) revendiquée précisément par l'Allemagne.

MISSION ÉLARGIE

Cette élection intervient au moment où la Berd, créée à l'origine pour favoriser l'émergence d'une économie de marché dans les pays de l'ex-bloc soviétique, est en train d'acquérir une nouvelle dimension en étendant sa mission aux pays arabes.

L'assemblée générale devrait ainsi approuver samedi un fonds spécial d'un milliard d'euros pour des projets au sud de la Méditerranée destinés à soutenir l'émergence des démocraties arabes.

La banque a déjà ouvert des bureaux au Caire, à Casablanca, Tunis et Amman, dans les quatre premiers pays arabes où elle compte intervenir.

La Banque était présente jusqu'à présent dans 29 pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, où elle a engagé en 2011 un montant record de 9 milliards d'euros portant sur près de 400 projets.

Elle a publié vendredi de nouvelles prévisions mettant en évidence l'impact de la crise de la zone euro dans sa zone d'intervention, où la croissance devrait se limiter à 3,1% cette année contre 4,6% en 2011.

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