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Un chancelier affaibli pour succéder à Angela Merkel

Le parti social-démocrate d'Olaf Scholz, que l'on voit ici aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel au Bundestag le 25 août dernier, est crédité de 25% des intentions de vote lors des élections de dimanche. ©AFP

Le SPD maintient son avance dans les sondages en vue du scrutin de dimanche. Mais les Allemands s’inquiètent de la perspective d’une coalition à trois partis.

L’inversion des tendances a eu lieu au cœur de l’été. À la surprise générale, le parti social-démocrate (SPD), longtemps à la traîne dans les sondages, a d’abord rattrapé les Verts, avant de doubler les conservateurs de la CDU-CSU fin août.

40%
des électeurs
Une semaine avant les élections, 40% des Allemands ne savaient toujours pas à quel parti ils donneraient leur voix.

Depuis, rien n'a semblé menacer l’avance du parti d’Olaf Scholz, crédité de 25% des intentions de vote dans un sondage Kantar/Focus du 23 septembre (CDU-CSU 21%; Verts 16%; Libéraux du FDP 11%; extrême droite AfD 11%; néo communistes die Linke 7%). 

Le ministre des Finances d’Angela Merkel, réputé pour sa pâleur et son manque de charisme, a donc de bonnes chances de remporter une bataille électorale poussive. Car c’est bien le manque d’enthousiasme des électeurs qui caractérise l’atypique campagne 2021. Une semaine avant les élections, 40% des Allemands ne savaient toujours pas à quel parti ils donneraient leur voix et 53% assuraient qu’ils voteraient "pour le parti du moindre mal".

Vers une coalition tripartite?

Toujours selon les sondages, c’est une palette inédite de coalitions possibles qui pourrait se présenter dimanche soir. Cinq modèles différents sont pour l’instant envisageables. Cela laisse augurer de négociations longues et compliquées.  Les Allemands pourraient bien attendre jusqu’en janvier avant de connaître la constitution de leur prochain gouvernement.

Quatre sujets ont dominé la campagne (...). Sur tous ces points les positions du SPD et des Verts semblent les plus proches.

"La prochaine coalition sera très certainement tripartite, rappelle le directeur de l’institut de sondages Forsa, Manfred Güllner. Cela risque d’être un casse-tête programmatique, et un facteur d’instabilité." Même si les positions des trois partis ne divergent guère dans les grandes lignes.

Une base "rouge-verte"

Quatre sujets ont dominé la campagne: la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre la pandémie, la réforme des retraites et les inégalités sociales, via la fiscalité. Sur tous ces points les positions du SPD et des Verts semblent les plus proches.

Les Chrétiens démocrates excluent, pour l’instant, de jouer le rôle de junior-partner d’un gouvernement qui serait dirigé par les Sociaux-démocrates.

Tous deux veulent augmenter à 12 euros de l’heure le montant du salaire minimum (10,50 euros) et sont favorables à une augmentation des impôts pour les ménages les plus aisés, afin de financer le virage énergétique et la lutte contre les inégalités. Tous deux veulent développer les investissements publics, notamment dans les infrastructures digitales, les énergies renouvelables ou le réseau ferroviaire.

La difficulté à former une coalition s’annonce du côté du troisième partenaire potentiel autour de cette base "rouge-verte" de gouvernement. Les Libéraux du FDP sont résolument opposés à toute hausse des impôts et à toute mesure coercitive en vue de lutter contre le réchauffement climatique (comme l’interdiction des moteurs à combustion ou la sortie précipitée du charbon dès 2030, deux mesures réclamées par les Verts).

Les Chrétiens démocrates excluent, pour l’instant, de jouer le rôle de junior-partner d’un gouvernement qui serait dirigé par le SPD et refusent toute hausse des impôts. Quant à die Linke, il fait figure d’épouvantail tant pour le SPD que pour les Verts pour qui aucune alliance à gauche n’est possible à moins d’un soutien inconditionnel de die Linke à l’Otan et l’Union européenne.

Un chancelier "exécutant"

"Le prochain chancelier ne disposera pas d’autant de pouvoir qu’Angela Merkel, avertit le politologue Herfried Münkler de l’université Humboldt de Berlin. Il sera un exécutant des décisions de sa coalition. Le pouvoir se concentrera dans les mains des différentes commissions chargées du fonctionnement de la coalition plus qu’à la Chancellerie." Une perspective qui inquiète autant la population, que les partenaires de l’Allemagne.

Le résumé

  • Le SPD est crédité de 25% des intentions de vote, devant la CDU-CSU (21%) et les Verts (16%), en vue des élections générales allemandes de dimanche.
  • La prochaine coalition sera très certainement tripartite.
  • Les positions du SPD et des Verts semblent proches sur les thèmes ayant animé la campagne.
  • Le prochain chancelier ne disposera pas d’autant de pouvoir qu’Angela Merkel.

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