Un gazoduc israélo-chypriote-grec pour réduire la dépendance énergétique européenne

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le Président chypriote Nicos Anastasiades, et leur homologue grec Alexis Tsipras ont donné une conférence de presse conjointe ce mardi à Nicosie. ©REUTERS

Afin d'exploiter les ressources gazières du sud-est de la Méditerranée, Chypre, la Grèce et Israël veulent faire avancer le projet de gazoduc East Med. Volonté affichée: acheminer le gaz vers le reste de l'Europe et réduire la dépendance du continent à l'égard des ressources russes.

Ce jeudi, lors d'une rencontre organisée à Nicosie, les dirigeants de Chypre, de la Grèce et d'Israël se sont réunis en vue d'étudier la faisabilité du projet de gazoduc East Med et d'en discuter les modalités. Nicos Anastasiades, président chypriote, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son homologue grec Alexis Tsipras entendent officialiser l'accord dès cette année.

Opérationnel en 2025

"Nous sommes engagés à travailler résolument pour signer un accord intergouvernemental en 2018", a annoncé le président chypriote dans le cadre de cette rencontre diplomatique.

5,8 milliards d'euros
Estimation du coût du projet de pipeline East Med
Le projet de gazoduc East Med devrait coûter selon les estimations près de 5,8 milliards d'euros

Doté d'un budget s'élevant, selon l'estimation des coûts, à 5,8 milliards d'euros, le gazoduc aura vocation à acheminer le gaz naturel du sud-est de la Méditerranée vers le reste de l'Europe. Le projet se fonde sur l'exploitation d'un gisement gazier découvert au large des côtes chypriotes et israéliennes.

Le Premier ministre israélien a souligné que les trois pays faisaient "des efforts sérieux" en vue de parachever la construction du gazoduc. Néanmoins, le projet n'en est encore qu'à ses prémices. Le développement du projet ne devrait pas commencer avant plusieurs années et devrait être opérationnel en 2025.

Moins dépendant de l'énergie russe

"La construction de ce gazoduc contribuera à sécuriser nos ressources énergétiques et celles de l'Europe", a annoncé Nicos Anastasiades dans le cadre de la conférence de presse donnée à Nicosie.

"La construction de ce gazoduc contribuera à sécuriser nos ressources énergétiques et celles de l'Europe"
Nicos Anastasiades
Président chypriote

L'un des enjeux du projet réside dans la volonté de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des ressources énergétiques russes. La Russie est en effet l'un des principaux fournisseurs de gaz sur le continent et apparaît comme un acteur incontournable et essentiel dans l'acheminement de ressources énergétiques en Europe.

En 2017, la consommation de gaz russe au sein de l'Union européenne s'élevait à 35%. Un chiffre qui atteint même les 60% en Allemagne.

La Commission européenne et plusieurs pays de l'Est avaient déjà manifesté leurs réticences face à la dépendance croissante du continent européen vis-à-vis du gaz russe.

Accords et désaccords

Ces derniers temps, les concertations avec l’Égypte ont également pris un nouveau tournant. Aussi un contrat historique de fourniture de gaz israélien à l’Égypte a-t-il été signé il y a quelques mois pour 12 milliards d'euros.


Chypre est également en discussion avec Le Caire dans l'optique d'y exporter une partie de ses ressources gazières du champ "Aphrodite."

Cependant, le partage des ressources de ce champ offshore, situé en grande partie dans les eaux chypriotes, mais dont une autre est localisée dans les eaux israéliennes, a généré des pourparlers entre les deux États. Début mai, le ministre de l’Énergie chypriote George Lakkotrypis a précisé que les deux pays avaient demandé "aux compagnies de trouver un accord" et qu'en cas d'échec un arbitrage pourrait être sollicité.

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