Un scénario à la grecque pour l'Irlande?

Dublin a reconnu ce matin avoir des contacts au niveau international sur la situation économique du pays. Mais les autorités ont à nouveau nié toute demande d'aide financière. On se souvient que la Grèce avait constamment nié avoir besoin d'une aide extérieure, avant de se résoudre à faire appel au printemps à l'Union européenne et au Fonds monétaire international.

Les autorités irlandaises ont admis lundi avoir des "contacts au niveau international" sur la situation économique du pays, mais ont à nouveau nié toute demande d'aide financière, alors que la pression semblait monter sur Dublin pour accepter des fonds européens.

"Des contacts se poursuivent à un niveau officiel avec des responsables internationaux à la lumière des conditions actuelles du marché", a déclaré un porte-parole du ministère des Finances.

Celui-ci a toutefois répété que "l'Irlande n'a pas fait de demande pour une aide extérieure", s'en tenant ainsi à la ligne adoptée depuis plusieurs jours par le gouvernement.

La situation en Irlande suscite des "tensions" et des inquiétudes pour la stabilité financière "dans l'ensemble de la zone euro", a estimé lundi la Commission européenne. "Il y a des inquiétudes concernant la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble mais il est exagéré de dire qu'il y a des pressions pour pousser l'Irlande en direction d'un quelconque mécanisme" d'aide financière européen, a indiqué un porte-parole de la Commission.

Discussions "d'urgence"


Selon la BBC et plusieurs journaux britanniques, des "discussions d'urgence" ont eu lieu dimanche soir à Bruxelles sur les conditions d'une aide européenne à l'Irlande qui pourrait atteindre quelque 90 milliards d'euros.

Les pays de la zone euro s'inquiètent en particulier d'une "contagion" possible de la situation irlandaise à des pays comme le Portugal ou l'Espagne.

Les taux irlandais se stabilisaient néanmoins lundi matin, profitant toujours d'une déclaration conjointe rassurante de cinq ministres des Finances européens vendredi dans le cadre du G20.

L'Irlande a vu les rendements sur sa dette souveraine s'envoler la semaine passée à des niveaux sans précédent depuis la création de la zone euro, sur des craintes que le pays n'arrive pas à juguler son déficit abyssal: celui-ci est estimé à 32% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, creusé notamment par le renflouage des banques du pays.

Le porte-parole du ministère des Finances a aussi réaffirmé lundi que "l'Irlande est totalement financée" jusqu'à mi-2011 et n'avait pas besoin de se tourner d'ici là vers les marchés pour financer sa dette.

Scénario à la grecque


Même si le gouvernement irlandais n'a pas recours au marché à ce stade, la tension sur ses obligations n'en a pas moins une influence sur d'autres pays de la zone euro dont les taux s'envolent dans la foulée, notent les analystes.

Ceux-ci soulignent aussi que la Grèce a constamment nié avoir besoin d'une aide extérieure, avant de se résoudre à faire appel au printemps à l'Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI).

Le regain de tension sur la dette irlandaise intervient en outre dans un contexte politique particulièrement délicat, le gouvernement devant présenter le 7 décembre au Parlement un budget de rigueur, dans le cadre d'un plan quadriennal d'austérité.

Mais le gouvernement, impopulaire, ne dispose que d'une majorité de trois voix, qui pourrait encore fondre après une élection partielle le 25 novembre.

Dans ce contexte, plusieurs ministres ont insisté sur la volonté de l'Irlande de s'en sortir seule et d'éviter le recours à des fonds européens qui serait vécu comme une atteinte à la souveraineté du pays.

Le ministre de la Justice Dermot Ahern a qualifié dimanche soir de "fiction" les rumeurs selon lesquelles l'Irlande avait d'ores et déjà demandé l'aide de ses partenaires européens.

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