Un tiers des eurodéputés arrondissent leurs fins de mois, dont Verhofstadt

Depuis 2014, Guy Verhofstadt a perçu entre 921.000 et 1.425.000 euros d’extras, notamment en sa qualité d’administrateur de la Sofina et en faisant des discours rémunérés. ©AFP

Un tiers des eurodéputés déclarent exercer une activité secondaire rémunérée. Le Belge Guy Verhofstadt fait partie des eurodéputés les mieux payés pour leurs à-côtés.

Avec une rémunération mensuelle d’environ 13.000 euros, les eurodéputés ne sont pas vraiment à plaindre. Et un tiers d’entre eux le sont d’autant moins qu’ils peuvent compter sur des à-côtés parfois très substantiels, à en croire un rapport publié mardi par l’ONG Transparency International (TI).

921.000€
Guy Verhofstadt aurait perçu au moins 921.000 euros en plus de sa rémunération d’eurodéputé depuis 2014. Seuls deux autres eurodéputés ont fait "mieux".

D’après TI, 31% des eurodéputés ont déclaré une ou plusieurs activités secondaires rémunérées. Depuis le début de la législature, en 2014, cela représente une somme totale comprise dans une fourchette de 18 à 41 millions d’euros (pas moyen d’être plus précis vu que les déclarations financières se font par fourchette). Et le Belge Guy Verhofstadt se débrouille plutôt bien en la matière. Le président de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) a perçu entre 921.000 et 1.425.000 euros d’extras, notamment en sa qualité d’administrateur de la Sofina et en faisant des discours rémunérés. Seuls l’Italien Renato Soru, de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D), et le Lituanien Antanas Guoga, du Parti populaire européen (PPE), font mieux. Le premier est directeur du groupe italien de télécommunications Tiscali et le second joue au poker.

Mais c’est en Belgique que le phénomène est le plus répandu avec 62% des eurodéputés belges déclarant une ou plusieurs activités secondaires rémunérées. Suivent l’Autriche (56%) et le Danemark (54%). Les eurodéputés belges font également partie des élus déclarant le plus grand nombre d’activités, ce qui peut simplement vouloir dire qu’ils se montrent plus exhaustifs que les autres au moment de remplir leur déclaration. Quatre de nos eurodéputés se classent ainsi dans le top 30 des eurodéputés les plus occupés. Gerolf Annemans, du groupe d’extrême-droite Europe des Nations et des Libertés (ENF), se classe 11e, juste derrière Verhofstadt. Tous deux affichent 10 activités additionnelles à leur compteur, Annemans n’ayant cependant touché de la sorte "que" 36.000 à 180.000 euros depuis 2014. Les deux autres Belges de ce top 30 sont Hilde Vautmans (ALDE) et Sander Loones du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR).

Détail piquant, lorsque l’on prend les montants totaux par groupes politiques, ce sont les eurosceptiques du groupe ENF, dominé par les Rassemblement national de Marine Le Pen, qui ont le plus gonflé leurs revenus depuis le début de la législature (entre 103.000 et 172.000 euros par an, en moyenne). Avec une mention spéciale pour l’eurosceptique britannique Nigel Farrage dont les revenus additionnels ont été multipliés par trente depuis 2014.

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