Ursula von der Leyen: "C'est le moment 'Man to the Moon' de l'Europe"

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La présidente de la Commission européenne présentait ce mercredi au Parlement européen son "Pacte vert" pour le climat. Ce plan vise à faire de l'Europe le premier continent neutre en émissions carbone d'ici 2050.

C’est le moment "Man on the Moon" de l'Europe, a lancé mercredi Ursula von der Leyen en posant, en référence à l'odyssée américaine lancée par John F. Kennedy. Deux semaines après son entrée en fonction, elle pose son premier grand acte politique en présentant avec son vice-président au Climat Frans Timmermans le "Pacte vert" européen. Un programme d’action pour rendre l'Europe neutre en carbone pour 2050 - objectif qui doit encore être adopté par le Conseil européen. "Notre objectif est de réconcilier notre économie avec notre planète", dit-elle.

Nous voulons être aussi ambitieux que nous le pouvons et aussi réalistes que possible.
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La stratégie propose 50 actions et couvre tous les secteurs de l'économie - de la chimie à l'agriculture, des bâtiments au transport. Il s'agit tout en arrêtant les émissions de créer des emplois et doper l'innovation, dit la Commission européenne, vers qui tous les regards de la Conférence climatique de Madrid (COP25) sont tournés. "Je suis convaincue que le vieux modèle de croissance, qui est basé sur les énergies fossiles et la pollution est obsolète et déconnecté de notre planète (…) nous voulons être l'avant-garde de l'industrie respectueuse du climat." 

La Commission veut notamment "décarboner" le secteur énergétique (75% des émissions de l'Union), rénover les bâtiments, responsables de 40% de la consommation énergétique, soutenir l'innovation industrielle, soutenir le développement de modes de transport plus propres (25% des émissions). 

La Commission fera une proposition de révision à la hausse de l'objectif de réduction d'émission pour 2030 "avant la Conférence" de Glasgow, la COP26, qui se tiendra en novembre 2020. Elle proposera aussi de revoir le système d'échanges de quotas d'émission pour les industries (ETS), et "peut-être" de l'étendre au transport routier, à la marine et aux émissions des bâtiments.

Au second semestre 2020, la Commission prévoit aussi une nouvelle stratégie pour la "mobilité intelligente", qui inclura notamment des propositions fiscales et de promotion du rail. Une stratégie spécifique pour le secteur de la chimie sera également présentée à cet horizon.

L’inclusion comme mot d'ordre

Pour financer cette transition, la Commission prévoit de présenter un "plan pour les investissements durables" au début de 2020. Elle entend aussi travailler sur base d’études d’impact précises. "Nous voulons être aussi ambitieux que nous le pouvons et aussi réalistes que possible", a dit von der Leyen dans sa présentation au Parlement européen.

Pour convaincre les États les plus réticents, la Commission propose de mobiliser 100 milliards d'euros dans un "mécanisme de transition juste" à destination des pays et secteurs les plus vulnérables. Outre le "Fonds de transition juste" qu'Ursula von der Leyen veut mettre en place, ces États devraient pouvoir compter sur une mise à jour des règles sur les aides d'État pour doper les investissements verts, sur le programme d’investissements stratégiques "InvestEU" (ex-Plan Juncker), et sur le soutien de la Banque européenne d'investissement.

Elle promet une "décarbonation" inclusive - "soit cette transition fonctionnera pour tout le monde et sera juste, soit elle ne fonctionnera pas." En mars 2020, la Commission prévoit de lancer un "Pacte climatique" qui doit "donner aux citoyens une voix et un rôle" dans la conception des nouvelles actions. "Nous n'avons pas encore toutes les réponses. C'est le début d'un voyage", dit la nouvelle présidente de la Commission européenne.

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