interview

Ursula von der Leyen: "On verra que notre approche sur les vaccins était la bonne"

Ursula von der Leyen a beau choisir des formules précautionneusement diplomatiques, son message est on ne peut plus ferme. ©EPA

La présidente de la Commission européenne attend des États membres qu'ils précisent les modalités de nouvelles restrictions aux exportations européennes de vaccins.

Ursula von der Leyen a beau choisir des formules précautionneusement diplomatiques, son message est on ne peut plus ferme. Quand elle lance aux partenaires de l’Union – à commencer par le Royaume-Uni – une "invitation à l’ouverture", celle-ci a des accents d'ultimatum: la Commission veut durcir ses conditions de sortie des vaccins aux pays qui ne rendent pas la pareille. Après six semaines de contrôles d'exportations, l'UE n'a bloqué qu'une livraison de doses à destination de l'Australie, pour plus de 300 demandes. La présidente de la Commission européenne l’a dit mercredi: elle veut que les exportations soient réciproques, mais pas seulement. "Ce doit aussi être proportionné, parce qu'il est difficile d'expliquer aux Européens que nous exportons des vaccins à des pays qui ont des taux de vaccination beaucoup plus élevés", reprend-elle dans une interview accordée jeudi soir à L’Echo et d’autres journaux européens.

"Nous sommes en discussion avec les États membres sur les moyens que nous devrions développer, pour trouver une approche équilibrée sur la production, livraison et exportation de l'ensemble du portefeuille de vaccins."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Qu’entend-elle exactement par là, qu’est-ce qu’une bonne proportionnalité et quand les partenaires de l’Union doivent-ils s’attendre à un durcissement s’ils ne se conforment pas à la demande d’ouverture de l’Union? C’est à déterminer. "Maintenant que j'ai mis la proposition sur la table, nous sommes en discussion avec les États membres sur les moyens que nous devrions développer, pour trouver une approche équilibrée sur la production, livraison et exportation de l'ensemble du portefeuille de vaccins", indique-t-elle. Ces questions seront discutées dans les jours qui viennent, et singulièrement à la table du prochain Conseil européen.

La présidente de la Commission souligne aussi l’intensité des discussions à ce sujet avec les fournisseurs de vaccins. "Mieux les entreprises délivrent sur les contrats, plus elles accélèrent, plus grande sera la probabilité que nous puissions tolérer des exportations."

Premier visé bien sûr: AstraZeneca, qui "sous-livre drastiquement" avec au mieux 30% des livraisons prévues contractuellement pour le premier trimestre. Alors qu’on sait qu'il a exporté depuis l'Union plus de 9 millions de doses vers le Royaume-Uni, "pour l'instant, il n'y a eu aucune livraison des sites de productions britanniques d'AstraZeneca". Alors que des productions européennes de l'entreprise ont été livrées outre-Manche, "je pense qu'il est nécessaire que des doses AstraZeneca viennent du Royaume-Uni vers l'Union européenne", dit-elle. Ursula von der Leyen a eu un entretien sur le sujet avec Boris Johnson, ont-ils progressé? – no comment.

"Nous voyons une propagation rapide des variants - principalement le B.1.1.7 – et nous voyons dans certains États membres le début d'une 3e vague. C'est grave et c'est un sujet d'inquiétude majeur."
Ursula von der Leyen

L’été est loin

Parallèlement, la Commission a présenté mercredi son "certificat vert", qui doit faciliter la circulation des citoyens qui ne sont pas transmetteurs du virus (parce que vaccinés, testés ou immunisés) au sein de l’espace européen. Cet outil peut-il sauver la saison des vacances? "Nous voyons une propagation rapide des variants - principalement le B.1.1.7 et nous voyons dans certains États membres le début d'une 3e vague. C'est grave et c'est un sujet d'inquiétude majeur. La priorité pour l'instant, c'est donc de tout faire pour réduire la propagation du virus. Nous devons faire notre travail sur le certificat parce que nous savons que cela prendra du temps, mais ce n'est pas le bon moment de discuter déjà l'été."

"Les États membres doivent faire leur devoir tout de suite, ils doivent s'assurer que techniquement les procédures de santé sont adaptées à l'objectif."
Ursula von der Leyen

Mais la présidente d’insister pour que les États membres avancent rapidement sur ce dossier pour que le certificat soit prêt d'ici trois mois: car ce n'est pas seulement un sprint législatif: "Les États membres doivent faire leur devoir tout de suite, ils doivent s'assurer que techniquement les procédures de santé sont adaptées à l'objectif."

En tout état de cause, la présidente de la Commission confirme être confiante dans le fait que 70% de la population adulte européenne sera vaccinée pour la fin de l'été est-elle prête à y mettre en jeu sa démission? Elle ne répond pas. Mais elle défend plus que jamais la stratégie européenne. Quand la crise sera terminée, "je suis profondément convaincue qu'on verra que c'était la bonne approche de rester ensemble en tant qu'Union européenne pour la vaccination", conclut-elle.

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