Vaccin contre le coronavirus: la Belgique ne soutient pas l'accord avec AstraZeneca

Aucun vaccin permettant de protéger contre le coronavirus Sars-Cov-2 n'est encore disponible. La course bat son plein entre labos. ©via REUTERS

Allemagne, France, Italie et Pays-Bas ont signé un accord avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca pour la fourniture de 300 millions de doses d'un éventuel vaccin contre le coronavirus. La Belgique déplore cette initiative qui ne s'inscrit pas dans la ligne européenne.

Le vaccin contre le Sars-Cov-2 n'est pas encore au point, mais quatre pays européens ont déjà signé pour en obtenir 300 millions de doses destinées à l'Union européenne dès lors que la société AstraZeneca parviendrait à le mettre au point.

Allemagne, Italie, France et Pays-Bas ont passé accord avec le groupe né en 1999 de la fusion du Suédois Astra et du Britannique Zeneca. Cet accord prévoit l'approvisionnement de l'ensemble des pays membres de l'Union européenne dès qu'un vaccin contre le Covid-19 sera découvert, a indiqué le ministère allemand de la Santé.  Le groupe pharmaceutique a de son côté estimé samedi dans un communiqué que le nombre de doses pourrait aller jusqu'à 400 millions.

"Pour que les vaccins soient disponibles en grand nombre très rapidement (...) les capacités de production doivent être garanties par contrat dès maintenant."
Le ministère allemand de la Santé

Quand ce vaccin d'AstraZeneca pourrait-il être au point? Son développement pourrait être achevé avec succès d'ici la fin de l'année, ont précisé des sources gouvernementales allemandes à l'AFP. Il y a quelques semaines, AstraZeneca tablait sur septembre. En réalité, nul ne le sait. Les recherches sont en cours. Il ne s'agit pas du seul vaccin en cours de développement. Les principaux groupes pharmaceutiques sont engagés dans une course contre-la-montre. 

Les doses "doivent être distribuées à tous les États membres qui veulent participer, en fonction de la taille de leur population", selon le ministère allemand de la Santé. "Pour que les vaccins soient disponibles en grand nombre très rapidement après leur éventuelle approbation cette année ou l'année prochaine, les capacités de production doivent être garanties par contrat dès maintenant", a-t-il fait valoir.

Pour rappel, début juin, AstraZeneca a annoncé avoir porté sa capacité de production d'un éventuel vaccin contre le Covid-19 à deux milliards de doses. Le partenariat du laboratoire avec l'Université d'Oxford pour développer un tel vaccin fait partie des projets bénéficiant d'un appui de l'administration américaine.

Ce faisant, les quatre États signataires ne suivent pas les recommandations de la Commission européenne et laissent penser que dans ce dossier aussi, la désunion pourrait régner.

"Cette initiative affaiblit tout le monde"

"Que certains pays avancent sans les autres ne nous semble pas raisonnable"
Le cabinet de Maggie De Block
Ministre de la Santé

Maggie De Block, ministre de la Santé, estime que les 27 doivent rester unis sur la question des vaccins. ©Photo News

Et la Belgique? Elle soutient la ligne de la Commission, à savoir un effort commun des 27 pour passer des contrats avec les groupes pharmaceutiques engagés dans le développement d'un vaccin. Une enveloppe européenne de 2,4 milliards d'euros y est destinée afin d'agir plus "rapidement, facilement et économiquement", tout en évitant une compétition malsaine entre États membres de l'UE. Mot d'ordre: "L'UE doit former un front uni" dans ces efforts pour parvenir à un vaccin pour "tous", avait insisté la Commissaire à la Santé, Stella Kyriakides. Ce vendredi pourtant, la Commission s'était félicitée d'avoir obtenu un "soutien politique clair" de la part des 27 autour de cette idée, tout en rappelant que la Santé restait une compétence nationale. 

Or, l'initiative de l'Allemagne, l'Italie, la France et les Pays-Bas heurte cette unité. Mais la Commission espère encore ramener tous les États membres dans le giron commun. 

"L’initiative commune de la Commission européenne est la meilleure manière d’atteindre un résultat maximal pour nos citoyens", réagit-on au cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block. Que certains pays avancent sans les autres "ne nous semble pas raisonnable", fait savoir le cabinet De Block, car cela "affaiblit tout le monde". Par ailleurs, ces quatre pays ont noué un accord avec une seule firme, or "il est encore impossible de prédire qui trouvera en premier un vaccin ou encore si cette firme pourra produire ce vaccin en suffisamment grandes quantités". La Belgique, comme la Commission, estime dès lors risqué de parier sur un seul groupe pharmaceutique.

AstraZeneca en discussion avec d'autres pays

AstraZeneca est en discussion avec le Japon, la Russie, le Brésil et la Chine pour des accords d'approvisionnement de son éventuel vaccin Covid-19, a déclaré son CEO ce samedi, alors que le groupe pharmaceutique britannique s'apprête à publier les résultats de la première phase de tests.

L'autorité britannique de réglementation des médicaments a approuvé le début de la phase III de ses essais sur le vaccin après que des études aient montré que l'efficacité et la sécurité étaient suffisantes, a déclaré le CEO Pascal Soriot à Reuters. 

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