Viktor Orban retire ses 12 eurodéputés du PPE

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban. ©AFP

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file du Fidesz, a annoncé le retrait de l'ensemble de ses eurodéputés du Parti populaire européen, suite à une réforme contestée de son règlement intérieur.

C'est un séisme au sein du Parti populaire européen (PPE, droite), la première famille politique au Parlement européen. Et il était prévisible. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a décidé ce mercredi de retirer les 12 eurodéputés de son parti politique, Fidesz. Cette décision, annoncée par une ministre hongroise dans une lettre postée sur Twitter, fait suite à une modification du règlement intérieur du PPE adoptée ce mercredi matin, prévoyant la possibilité d'exclure facilement du PPE un groupe d'élus qui ne respecterait pas les règles fondamentales du parti.

"Je vous informe que les membres du Fidesz se retirent du groupe PPE" avec "effet immédiat".
Viktor Orban
Premier ministre Hongrois

"Je vous informe que les membres du Fidesz se retirent du groupe PPE" avec "effet immédiat", écrit Viktor Orban, dénonçant une démarche "antidémocratique, injuste et inacceptable".

Cette réforme du règlement intérieur du groupe parlementaire était attendue. Elle semble taillée sur mesure pour le Fidesz. Furieux, le dirigeant hongrois avait menacé dimanche dernier de retirer ses élus si cette réforme était votée. Mais cette fois, le chantage qui dure depuis deux ans n'a pas marché. Le parti avait été suspendu en mars 2019 au sein du PPE, mais ses députés continuaient d'assister aux séances parlementaires et à voter comme si de rien n'était.

Le point de non-retour

Durant deux ans, Viktor Orban a donc multiplié les provocations au lieu de rentrer dans les rangs du parti. Depuis 2015, son gouvernement a adopté des lois menaçant l'indépendance de la magistrature et les libertés fondamentales, ce qui lui a valu une action en violation de l'État de droit.

Plusieurs affaires sont venues envenimer les relations entre les élus hongrois et le PPE. Le chef de la délégation hongroise au sein du PPE, Tamas Deutsch, avait comparé les méthodes du président du PPE Manfred Weber à celles de la Gestapo et des services secrets hongrois sous Staline. Il était menacé de suspension du PPE.

Les eurodéputés hongrois ont perdu peu à peu leurs soutiens au PPE, même au sein de la CDU allemande. Le point de non-retour a été atteint cet été, lorsque la Hongrie s'est opposée à l'adoption du plan de relance à 750 milliards d'euros en raison d'une clause sur l'État de droit.

Viktor Orban, proche du président russe Vladimir Poutine, est également un des premiers dirigeants européens à avoir commandé le vaccin russe Sputnik V, à contre-courant de la stratégie vaccinale de l'UE. Ultime provocation, il a publié lundi dernier une photo de lui recevant une injection du vaccin chinois Sinopharm.

Le départ des députés hongrois ne change rien à l'équilibre politique au sein de Parlement. Le PPE reste le premier groupe politique. Plusieurs partis belges, le cdH, le CD&V et le CSP germanophone en font partie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés