Vincent Bolloré placé en garde à vue

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L'homme d'affaires breton Vincent Bolloré a été placé en garde à vue dans le cadre d'une information judiciaire pour "corruption d'agents publics étrangers" en Afrique.

Le PDG du groupe Bolloré, Vincent Bolloré, a été placé en garde à vue ce mardi et est entendu sur des soupçons de corruption en Guinée et au Togo. Gared à vue qui était prolongée ce mercredi.  Vincent Bolloré, premier actionnaire du groupe Vivendi, est convoqué dans les locaux de la police judiciaire de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.

Une information judiciaire a donc été ouverte pour "corruption d'agents publics étrangers", portant sur les conditions d'obtention en 2010 de 2 des 16 terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré: l'un au Togo (à Lomé) et l'autre en Guinée (à Conakry).

Que soupçonnent les magistrats?

Que les dirigeants du groupe aient utilisé leur filiale de communication Havas afin de faciliter l'arrivée au pouvoir de dirigeants africains (en l'occurrence le Guinéen Alpha Condé et le Togolais Faure Gnassingbé), en effectuant des missions de conseil et de communication sous-facturées, avec pour objectif d'obtenir les concessions portuaires des lucratifs terminaux à conteneurs. L'information judiciaire vise donc à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé ses activités de conseil politique pour obtenir la gestion des ports de Lomé et Conakry.

Le directeur général du groupe Gilles Alix et le responsable du pôle international de l'agence de communication Havas Jean-Philippe Dorent étaient également en garde à vue ce mardi matin.

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Le groupe Bolloré, de son côté, dément avoir commis des irrégularités: "Le groupe Bolloré dément formellement que sa filiale de l'époque SDV Afrique ait commis des irrégularités. Les prestations relatives à ces facturations ont été réalisées en toute transparence", qui ajoute: "Le lien qui tente d'être fait par certains entre l'obtention de ces concessions et les opérations de communication est dénué de tout fondement économique et révèle une méconnaissance lourde de ce secteur industriel."

"Privilégié un ami"

Alpha Condé, le président guinéen, avait accordé un entretien au Monde en 2016, dans lequel il ne se cachait pas d'avoir "privilégié un ami" qui "remplissait toutes les conditions d'appels d'offres" en optant en 2011 pour Bolloré Africa Logistics pour la concession du port de Conakry.

L'attribution de ce marché avait été dénoncée judiciairement en France par la concurrente de Bolloré, Necotrans, dont la convention pour l'exploitation du port qu'elle avait obtenue en 2008 via sa filiale Getma a été rompue trois ans plus tard au profit de son rival.

Quant au Togo, le groupe Bolloré y a remporté en 2009 la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de 35 ans. Une décision également contestée par un concurrent. 

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