Vladimir Poutine, accusé en "dernier ressort" dans l'affaire Skripal

©REUTERS

Les deux ressortissants russes, accusés par la police britannique de l'empoisonnement de l'agent Sergueï Skripal, font partie du renseignement militaire russe. Ils n'auraient pas pu agir sans ordre du Kremlin, pense Londres qui hausse le ton et demande une réunion urgente du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Londres menace de porter l'affaire Skripal sur la scène internationale. L'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille sur le sol britannique en mars dernier avait abouti à une vague d'expulsion de diplomates russes. En août, les Etats-Unis entraient en scène en adoptant des sanctions économiques.

Le quartier général du centre de renseignement militaire russe (GRU), Moscou, 30 décembre 2016. ©AFP

Le secrétaire d'Etat britannique à la Sécurité a aujourd'hui déclaré sur la chaîne BBC Radio 4 que Vladimir Poutine serait responsable "en dernier ressort" de l'empoisonnement des Skripal "dans la mesure où il est le président de la Fédération russe et où c'est son gouvernement qui contrôle, finance et dirige le renseignement militaire." La mise en cause du service renseignement militaire russe, qu'a annoncée mercredi Theresa May devant le parlement, conduirait à celle du président Poutine.  

Le gouvernement britannique a appelé aujourd'hui à la tenue d'une réunion en urgence des membres du conseil de sécurité des Nations Unies. Une initiative pour informer de la situation et "maintenir la pression" sur la Russie, notamment en imposant "davantage de sanctions". 

"La Russie n'a jamais eu et n'a rien à voir avec les événements de Salisbury"

Le Kremlin juge l'accusation "inadmissible". Les responsables russes, quel que soit leur implication hiérarchique, "n'ont quoi que ce soit à voir avec ce qui s'est passé à Salisbury", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. 

Alexander Petrov et Ruslan Boshirov, identifiés par la Metropolitan Police de Londres à Salisbury le 4 mars dernier. ©REUTERS

Il y a moins de 24 heures, Theresa May accusait le GRU d'être à l'origine de l'empoisonnement de l'agent Sergueï Skripal, dont il était lui-même membre avant sa condamnation en 2006 par la Russie pour "haute trahison".

 La première Ministre a annoncé l'ouverture d'un mandat d'arrêt contre deux ressortissants russes. Alexander Petrov et Ruslan Bochirov, membres du GRU accusés de conspiration en vue de commettre un meurtre, de tentative de meurtre contre les Skripal et de contamination d'un policier britannique. Ils sont également incriminés pour usage et possession du Novitchok, un puissant innervant développé au sein de l'Union Soviétique pendant les années 1970 et 1980. 

La police britannique a largement diffusé les photographies des deux "agents" dont les identités sont encore incertaines. Le Kremlin critique une telle procédure, menée sans son approbation. "Pour vérifier leurs identités, pour avoir un fondement juridique de le faire, nous avons besoin d'une demande officielle de la partie britannique", a invoqué Dmitri Peskov. 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content