Vous partez en voyage? Bienvenue en Cafouillis

De nombreuses interrogations restent après que le système à trois couleurs pour déterminer les zones à risque ait été décidé. ©REUTERS

Les règles pour les voyages vers les destinations à risque Covid ont été précisées et les zones rouges, cernées. On croyait que tout serait plus clair. Mais non. Petit tour des failles et flous du système tricolore.

Avant il y avait une logique (et elle n'était déjà pas simple). Maintenant, il y en a une autre. Mais les deux se superposent. Alors, et ça aussi c'est logique, tout devient très compliqué.

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Il y a deux sortes de codes couleurs vert-orange-rouge

Pour les voyages, le SPF Affaires étrangères avait eu au départ une très bonne idée. Utiliser des codes de couleurs que tout le monde connaît parce que ce sont ceux des feux de signalisation. Chaque pays européen s'est vu assigner un signal vert, orange ou rouge. Sur le principe, tout le monde avait compris. Ce qui se cachait derrière la couleur était moins clair. Les pays rouges, on n'y allait pas parce qu'ils ne voulaient pas de Belges sur leur territoire. Pour les pays orange, c'était déjà plus compliqué puisqu'il fallait, et il faut toujours, se renseigner sur les consignes (certificat, quarantaine) exigées par le pays hôte. Vert, on y fonce sans souci autre que les consignes de base.

Là où ça devient compliqué

Mais là où la logique a anesthésié la logique, c'est quand le comité de concertation a décidé d'utiliser le même principe des couleurs pour ses recommandations de départ et de retour à propos des zones reconfinées. Quelle embrouille!

Un exemple? Ce vendredi matin, sur le site Diplomatie.be, l'Espagne était toujours classée "orange". Alors que, comme le rappelait Philippe Goffin sur la Première, le pays est bien "vert". Sauf deux zones (la ville de Lerida et le comté d'A Marina) qui, elles, sont rouges: interdiction d'y aller mais si on en revient, on doit se soumettre, en Belgique, au dépistage et à l'"autoquatorzaine".

Ce qui est essentiel

Le principe des couleurs n'est pas le seul qui est flou. Tout le protocole concerne les voyages dits non essentiels. Mais quand un voyage est-il considéré essentiel, et qui pourra le juger comme tel? Aller voir un parent malade, ça l'est? Nulle part l'explication n'est indiquée. Le porte-parole des Affaires étrangères promet que la notion sera précisée dans les prochaines heures sur le site Diplomatie.be. En fait, il s'agit des médecins, du personnel infirmier, des étudiants possédant un visa, de personnes se déplaçant dans le cadre d'un travail pour une institution internationale...

"À chacun de faire preuve de bon sens et de se soumettre aux mesures.",
Arnaud Gaspart
Porte-parole du SPF Affaires étrangères

Autre mystère: combien de temps va durer la quarantaine? On ne sait pas. Ni quand exactement devra être effectué le second test. Cela est du ressort des Régions. On n'est toujours pas sûr que les mesures seront exactement identiques dans les trois Régions, même si c'était le but avoué lorsque le comité de concertation a décidé des procédures obligatoires mercredi passé. Le site des Affaires étrangères renvoie à ce propos à celui de Sciensano, qui reste muet sur le sujet. La Wallonie et Bruxelles ne seront prêtes avec leur décret que mercredi prochain. On en saura alors plus mais en attendant, quelle modalité pour les touristes revenant aujourd'hui d'une zone rouge?

De retour de Lisbonne

Ce n'est pas fini. On s'interroge sur les retour de voyages jugés essentiels. Les nouvelles consignes ne concernent pas ces cas-là. Il serait donc bien possible de revenir de Lisbonne sans avoir l'obligation de respecter les consignes. Or, les voyages essentiels impliquent généralement des contacts sur place.

Et quid des zones hors Union européenne? Melbourne vient d'être reconfiné. À quel traitement devrait être soumise une personne revenant en Belgique en provenance de la deuxième ville australienne? Ce genre de cas n'est pour l'heure pas considéré par les mesures mises en place, qui ne concernent que le continent européen. "À chacun de faire preuve de bon sens et de se soumettre aux mesures", demande le porte-parole du SPF Affaires étrangères, Arnaud Gaspart.

Pour la question de la communication aux passagers de retour, quel que soit leur moyen de transport, c'est vite réglé: nul n'est censé ignorer la loi. Mais quid du suivi, des contrôles? On sait déjà que ce sera difficile, notamment pour les voyageurs qui passent la frontière en voiture: d'où viennent-ils vraiment, Ici encore, c'est le sens civique des citoyens qui devra s'exprimer.

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