Le Venezuela déclaré en défaut de paiement partiel

Le défaut va aggraver la récession qui a fait plonger le PIB de 36% en quatre ans. Cela coupera le pays et son groupe étatique pétrolier PDVSA des marchés, tout en les exposant à des poursuites et à la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger. ©REUTERS

Le gouvernement vénézuélien a du mal à rembourser ses emprunts et pourrait bientôt être en défaut de paiement sur sa dette extérieure, estimée à 150 milliards de dollars.

La menace planait depuis plusieurs semaines sur ce pays pétrolier ruiné. Le Venezuela a donc été déclaré "en défaut partiel" sur sa dette par l'agence de notation S&P Global Ratings.

Pourquoi? Le Venezuela, affecté notamment par la chute des cours de l'or noir, veut restructurer sa dette extérieure, estimée à 150 milliards de dollars, car il ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici la fin de l'année, puis 8 milliards en 2018.

"Nous considérerions toute restructuration (de la dette) comme un échange de créances en difficulté et comme l'équivalent d'un défaut étant donné les liquidités extérieures limitées" (S&P)

Autrefois le plus riche d'Amérique latine, le pays pétrolier, ruiné notamment par la chute des cours du brut, n'est plus que l'ombre de lui-même. ©AFP

S&P a indiqué dans un communiqué que le Venezuela était dans l'incapacité de rembourser 200 millions de dollars, soulignant avoir pris sa décision à l'issue d'une période de grâce de 30 jours sur le paiement de deux obligations. "De plus, selon nous, les sanctions américaines à l'encontre du Venezuela et des membres du gouvernement devraient résulter en une longue et difficile négociation avec les créanciers", a ajouté l'agence de notation, alors que selon Caracas, 70% d'entre-eux sont nord-américains (Etats-Unis et Canada).

Que va-t-il se passer?

→ Le risque pour le pays autrefois le plus riche d'Amérique latine est de se retrouver coupé des marchés, tout comme son groupe pétrolier PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger.
→ Nicolas Maduro assure, lui, négocier avec la Russie et la Chine, deux alliés auxquels le Venezuela doit respectivement 8 et 28 milliards de dollars. Caracas et Moscou doivent signer mercredi un accord pour restructurer trois milliards de créances vénézuéliennes.

• Pressions internationales

De son côté, la communauté internationale a accru la pression sur le président Nicolas Maduro avec l'adoption lundi par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne de sanctions dont un embargo sur les livraisons d'armes. Le Venezuela subit déjà les sanctions de Washington qui interdit à ses banques et à ses citoyens d'acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien.

©REUTERS

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