La Chine prend des mesures pour relancer son économie

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Depuis 1992, la Chine ne cesse de grimper dans le classement des dix pays qui produisent le plus de richesses au monde. En 2007, le pays est en troisième marche du podium mais finit par se hisser en deuxième position en 2011, avec une belle avance sur le Japon, le troisième de la liste.

Mardi, à l’occasion de la treizième Assemblée nationale populaire (ANP) chinoise, le Premier ministre, Li Keqiang, annonçait une baisse du PIB devant près de 3.000 députés. Une ouverture assez mouvementée pour cette session annuelle de l’ANP.

Pour 2019, le gouvernement prévoit une augmentation de croissance entre 6 et 6,5%. Il s’agit d’une diminution pour le deuxième plus grand pays producteur de richesses par rapport à l’an dernier où la prévision était de 6,6%. Fin janvier, plusieurs sources laissaient déjà entendre, selon l’agence de presse Reuters, que le gouvernement chinois établirait cet objectif pour 2019.

Il s’agit de l’objectif de croissance le plus faible de ces trois dernières décennies. Pourtant, 2018 était déjà l’année où la croissance économique avait été la plus basse en 28 ans. Le taux de croissance de l’an dernier était composé de deux points de moins qu’en 2017.

Les difficultés de la Chine

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la position actuelle de la Chine . Sa situation nationale est un premier élément de réponse.

13,1 milliards $
En 2018, le PIB chinois s’élevait à 13,119 milliards de dollars, en diminution de deux points par rapport à 2017.

La faible demande intérieure pousse le gouvernement à réagir afin de la stimuler à nouveau. Selon le Premier ministre, il est nécessaire pour 2019 de soutenir l’emploi. Le gouvernement promet la création de onze millions d’emplois (bien loin des presque 14 millions annoncés l’an dernier) ainsi qu’une augmentation du taux de chômage urbain. Ce dernier devra être inférieur à 4,5% alors que pour 2018, il était de 3,8%.

L’autre origine des difficultés économiques actuelles de la Chine puise sa source à l’international, et plus particulièrement dans les relations commerciales chaotiques avec les Etats-Unis. Depuis septembre 2018, le président américain, Donald Trump, applique de nouvelles taxes sur les importations chinoises. Cela correspond à 200 milliards de dollars taxés à 10%. Selon le leader des USA, il s’agit d’une façon de répliquer face aux pratiques commerciales "déloyales" de la Chine.

Alors qu’un accord entre Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, semble proche, le ministre chinois du Commerce, Zhong Shan, se montre plus sceptique. Pourtant, l’ultimatum pour trouver un accord entre les deux parties avait été fixé au 1er mars par le Président américain. Cependant, Donald Trump a décidé de le lever, fin février, en raison des négociations qui avançaient bien. La trêve entre les deux nations annoncée à la fin du mois de novembre 2018 est donc prolongée. Selon le ministre chinois du Commerce, il reste encore beaucoup de travail à effectuer avant de parvenir à un accord final.

Au terme de cette treizième session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, une nouvelle loi devrait voir le jour concernant les investissements étrangers. C’est une façon pour la Chine d’éviter de réitérer ces derniers mois de lutte avec un autre pays que les Etats-Unis. Cette législation permettrait également de rééquilibrer certaines réformes structurelles.

Mesures de relance

Pour pallier cette diminution de la prévision de croissance économique annuelle, le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures de relance économique.

Au niveau des entreprises, une diminution de leurs charges de 2.000 milliards de yuans (soit 260 milliards d’euros) est prévue. En 2018, cette baisse était de 1.300 milliards de yuans. Ces 700 millions supplémentaires sont destinés à soutenir les secteurs manufacturiers, du transport et de la construction. Une autre mesure concerne l’octroi d’un plus grand nombre de prêts aux petites et moyennes entreprises afin de les soutenir.

Les impôts seront également revus à la baisse. Le gouvernement prévoit une réduction de trois points de la TVA pour les produits industriels (16 à 13%). Cela équivaut à 600 milliards de yuans qui pourront être consacrés au pouvoir d’achat de la population.

Le budget de l’État et des collectivités locales pour 2019 se traduit par une augmentation de 0,2 point du déficit budgétaire, à 2,8% du PIB.

Le gouvernement chinois précise ne pas souhaiter appliquer des mesures aussi strictes que lors du début de la crise économique et financière en 2008. Et ce, même si ces mesures plus souples rendent la croissance plus lente.

Le budget militaire chinois en baisse pour cette année

En marge de l’Assemblée nationale populaire annuelle en Chine, le budget militaire pour l’année 2019 a été annoncé. Pour cette année, le budget consacré à la défense chinoise est en hausse de 7,5%. Ce dernier est nettement moins élevé que l’an dernier où la hausse était de 8,1%. Zhang Yesui, porte-parole du Parlement, a toutefois souhaité rassurer les Etats inquiets et a précisé que les dépenses limitées en matière de défense ne constitueraient pas une menace pour les autres pays.

Deuxième mondial

Cette année, la Chine prévoit de dépenser 1.190 milliards de yuans pour son budget militaire (soit 156 milliards de dollars). Cette somme est quatre fois moins élevée que le budget américain pour 2019, qui prévoit la somme de 716 milliards de dollars. Ce budget alloué au Pentagone est l’un des plus élevés de son histoire. À l’annonce de cette prévision pour 2019 en août dernier, le président américain, Donald Trump, expliquait vouloir affirmer la puissance de l’armée du pays qu’il dirige.

Une nouvelle fois, la Chine se place en seconde position, derrière les Etats-Unis quant au budget consacré à la défense. L’Arabie saoudite se trouve en troisième marche du podium.

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