Le FMI s'inquiète des sociétés zombies chinoises

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Le niveau élevé de la dette chinoise met en péril la stabilité financière du pays, note le FMI dans un rapport. Le Fonds pointe du doigt la trop forte exposition des entreprises au crédit et la prolifération de produits d'investissements échappant de plus en plus à tout contrôle.

Inquiétude du FMI face aux risques financiers liés à l'économie chinoise. Le Fonds monétaire international pointe les dangers des entreprises chinoises qui ne survivent que grâce au crédit, et ce alors que les produits d'investissement complexes et opaques mal régulés prolifèrent.

La dette des entreprises a atteint 165% du PIB. Celle des ménages et du gouvernement a aussi grimpé rapidement au cours des dernières années. De quoi peser sur la stabilité financière du pays.

"Le gouvernement chinois donne la priorité à la stabilité sociale à moyen terme et semble se reposer sur l'expansion du crédit pour continuer à financer les entreprises, même lorsqu'elles ne sont plus viables", poursuit le rapport. 

Quelles sont les sources d'inquiétude?

L'envolée sans fin du crédit à la faveur d'une politique monétaire très accommodante. Les "entreprises zombies", qui ont depuis longtemps cessé d'être bénéficiaires et survivent en s'endettant, sont maintenues à flot. "Les pressions pour garder en vie des entreprises non viables, plutôt que de les laisser faire faillite, sont fortes, surtout au niveau des autorités locales." Le souci de maintenir l'emploi et l'activité l'emporte parfois sur la stabilité financière.

La garantie "implicite" dont se réclament les groupes étatiques: l'idée est répandue que Etat ne les laissera pas sombrer et se porte garant de leur dette. Le problème est particulièrement sensible dans la sidérurgie ou le charbon, des secteurs dominés par des conglomérats étatiques aux effectifs massifs et pénalisés par de colossales surcapacités.
Le FMI appelle à "abolir graduellement" ces garanties implicites dont bénéficient les sociétés publiques; et ce via un renforcement des ressources des banques.

L'essor de produits financiers "de plus en plus complexes": des sociétés financières, comme les fonds de gestion d'actifs ou les assureurs, croissent plus rapidement que le secteur bancaire, grâce à la prolifération de produits d'investissements. L'innovation financière permanente que ces sociétés génèrent complique la régulation, déplorent les analystes du Fonds. De même, "les prêts à risque ont migré des banques (traditionnelles) vers des pans beaucoup moins régulés du système financier"; ce shadow banking que Pékin s'efforce d'endiguer.

Il y a toutefois des avancées 

→ Le durcissement réglementaire visant le micro-crédit en ligne: les prêts aux personnes sans revenus sont désormais interdits. Le taux d'intérêt annualisé est, lui, plafonné à 36% pour éviter tout abus et risques financiers en cascade. Un pas qui va dans la bonne direction pour le FMI mais qui nécessite encore une coordination renforcée entre les différents régulateurs chinois (marchés financiers, banques et assureurs).

Notons enfin que l'économie chinoise dépasse les attentes avec une croissance de 6,9% dans les trois premiers trimestres de l'année, en dépit des avertissements émis par les agences au sujet du niveau croissant de la dette du pays. 

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