Le Mékong pillé par des entreprises de construction chinoises

Sable, graviers, galets... Au sud de Vientiane, le Mékong est pillé pour alimenter en matériaux les immenses chantiers chinois. ©AFP

Sable, graviers, galets... Au Laos, le bassin du Mékong est dévalisé pour alimenter les immenses chantiers chinois.

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Partout autour de la planète, sur les plages comme dans les rivières, légalement ou illégalement, le sable est extirpé. Et en Asie, l'extraction se fait à une échelle colossale, notamment pour répondre aux "appétits" de construction du géant chinois et de Singapour.

Site d'une exploitation de construction chinoise près du Mékong. ©AFP

 

Ces exploitations, non encadrées, affectent la vie des Laotiens, déjà fortement confrontés à la pauvreté, et a de graves répercussions écologiques.

©© Pallava Bagla/Corbis

 

Arrosé par le Mékong, cet état d'Asie du Sud-Est, se situe dans la péninsule indochinoise. Il est bordé au nord par la Chine, au nord-est et à l'est par le Viêt-nam, au sud par le Cambodge, à l'ouest par la Thailande et au nord-ouest par la Birmanie.

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Au centre de ce complexe, le Laos compte 6,8 millions d’habitants (estimation pour 2013) et environ 80% des Laotiens vivent en milieu rural.

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30 milliards de tonnes
30 milliards de tonnes de sable sont utilisés dans le monde chaque année.

Aujourd'hui, le sable est la deuxième ressource naturelle la plus consommée dans le monde après l'eau, avec 30 milliards de tonnes utilisées tous les ans. Et la Chine s'accapare 60% de ce total, d'après les données de l'Institut américain de géophysique (USGS).

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Jusqu'ici, le Laos avait été plutôt épargné. A quelques kilomètres de Vientiane, la capitale, le Mékong marque la frontière entre ce petit Etat communiste fermé et la Thaïlande. De longs tuyaux plantés au fond du fleuve, reliés à des pompes, et des pelleteuses suffisent à amasser en quelques minutes de hautes piles de sable sur les berges.

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80%
Le sable représente 80% de la composition du béton.

A proximité, les camions attendent leur chargement et font des allers-retours entre les berges du Mékong et le lieu du stockage. Indispensable à l'industrie, le sable est présent dans quantité de produits: verre, papier, puces électroniques ou plastique. Mais surtout, il représente 80% de la composition du béton.

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En contrebas de l'exploitation, près des rives, le Mékong est peu profond et les paysans du coin viennent y pêcher pour se nourrir. "De l'eau jusqu'à mi-cuisses, ils plongent de grands filets dans le fleuve".

Aujourd'hui, c'est plus compliqué pour nous d'aller chercher de l'eau pour les cultures. Mais nous avons besoin de cette eau.
Deaun Saengarun
Pêcheur laotien de 36 ans.

 

"La rivière a beaucoup changé. Ici, les berges s'effondrent. Cela n'arrivait pas avant", explique l'un des pêcheurs, qui a préféré garder l'anonymat. "Cela nous oblige à aller plus loin pour pêcher. Ce n'est pas bon pour nous", ajoute-t-il en tirant son filet, dans lequel se débat un minuscule poisson.

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Le fleuve produit autour de 20 millions de tonnes de sédiments par an, mais 50 millions en sont extraits dans le même temps, d'après les dernières études.

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"Le problème est que l'on a longtemps cru que le sable était une denrée inépuisable... Ces quatre dernières années, la Chine a consommé ce que les Etats-Unis ont consommé en 100 ans", résume le chercheur Pascal Peduzzi, du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Le gouvernement laotien, et les exploitation chinoises en pleine croissance, reconnaissent brièvement que "l'extraction du sable du Mékong affecte la structure du fleuve et son écosystème".

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