Le coronavirus menace de plonger le Japon dans la récession

Le cabinet Capital Economics estime finalement "optimiste" sa prévision d'une baisse de 0,2% du PIB japonais en 2020.

Le gouvernement japonais espérait une reprise économique après la chute du PIB de l'archipel fin 2019. Mais l'impact du coronavirus, notamment sur le secteur touristique japonais, devrait doucher ses espoirs.

Le Japon comptait sur un rebond, en 2020, de son économie après une fin 2019 difficile. Partie de Wuhan en Chine, l’épidémie de coronavirus Covid-19, qui touche ce lundi 418 personnes dans l’archipel (dont 355 à bord du ferry Diamond Princess en quarantaine au port de Yokohama, au sud de Tokyo), menace d’anéantir cet espoir et de plonger l’archipel dans la récession.

Le gouvernement japonais envisagerait un plan de relance budgétaire pour contrer les effets de l'épidémie.

Au dernier trimestre 2019, le PIB nippon a reculé en glissement annuel de 6,3%, à cause, principalement, de la hausse de la TVA, de 8 à 10%, le 1er octobre. La consommation des ménages, qui génère près de 60% du PIB, a plongé de 11,1%. La troisième économie mondiale a également souffert du typhon Hagibis, qui a provoqué d’importants dégâts à la mi-octobre, et d’un hiver doux. En parallèle, les exportations ont reculé de 0,4%, conséquence des tensions commerciales entre Américains et Chinois.

Le gouvernement espère une amélioration

La crise provoquée par le coronavirus pourrait entraver toute reprise. D’après Paul Cashin, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Japon, l’épidémie "représente un nouveau risque à la baisse pour l'économie japonaise, même si l'impact dépendra de l'étendue de la propagation et des mesures prises". Quant au cabinet Capital Economics, il estime, dans une analyse, finalement "optimiste" sa "prévision d'une baisse de 0,2% du PIB en 2020".

30%
des touristes
En 2019, 30% des visiteurs de l’archipel sont venus de Chine. Ils ont généré 40% des dépenses des touristes étrangers.

Le gouvernement, lui, veut croire à une reprise. "Nous pouvons espérer une amélioration progressive", a déclaré le ministre de la politique économique, Yasutoshi Nishimura. "Nous devons rester attentif à l'impact du coronavirus sur l'économie, au Japon et dans le monde". Le gouvernement envisagerait un plan de relance budgétaire pour contrer les effets de l'épidémie, après les mesures déjà prises fin 2019.

Le tourisme touché de plein fouet

L’impact de la crise du Covid-19 affecte déjà fortement le secteur touristique, et menace l’ambition caressée par le Japon, organisateurs des Jeux olympiques d’été, d’accueillir 40 millions de touristes en 2020, contre 31,9 millions en 2019. Selon un calcul de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), organe onusien, le secteur du tourisme nippon devrait perdre 1,19 milliard d’euros de recettes entre janvier et mars.

L’épidémie de coronavirus touche ce lundi 355 personnes à bord du ferry Diamond Princess en quarantaine au port de Yokohama.

De fait, les visiteurs chinois ont massivement annulé leurs déplacements à l'étranger à cause du coronavirus, en particulier au moment du Nouvel An lunaire fin janvier. Or ils sont le premier contingent des touristes au Japon. En 2019, 30% des visiteurs de l’archipel sont venus de Chine. Ils ont généré 40% des dépenses des touristes étrangers.

Et les autres secteurs?

À cause de la crise, des entreprises de la distribution réduisent leurs activités. C’est le cas de l’enseigne de produits électroniques Laox qui a décidé de supprimer 160 postes. Les hôtels et restaurants connaissent de fortes chutes de fréquentations. Dans le divertissement, des concerts et spectacles sont annulés. Les organisateurs du marathon de Tokyo, qui doit se dérouler le 1er mars et devait réunir 38 000 coureurs, ont décidé de réduire la participation aux seuls professionnels.

Les usines chinoises de Honda ou de Toyota ne devraient pas redémarrer avant le 24 février.

Parmi les autres secteurs touchés, ceux de l’agriculture et de la construction. Ceux-ci font appel à des travailleurs étrangers, principalement des Chinois qui viennent sous le statut particulier de "stagiaire". Or, ceux qui doivent arriver en mars ne sont pas certains de pouvoir entrer au Japon.

L’industrie, notamment automobile, voit également son fonctionnement perturbé. Les usines chinoises de Honda ou de Toyota ne devraient pas redémarrer avant le 24 février. Le constructeur d’engins de chantier Komatsu, ou encore l’équipementier sportif Asics, transfèrent une partie de leur production chinoise en Asie du Sud-Est.

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