Qu'attendre des élections en Russie?

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Parmi les élections phares prévues dans le monde en 2018, on retrouve celles en Russie qui ressemblent plus à un référendum sur Poutine qu'à un réel vote pour un programme.

L’enjeu

Que ce soit en Libye, dans le Donbass, ou en Syrie, nolens volens, la Russie est devenue un acteur incontournable et omniprésent de la scène internationale, et ce grâce aux "coups de maître" de l’homme qui la dirige, depuis dix-huit ans: Vladimir Poutine. Le 18 mars prochain, le plus vaste pays du monde vivra son élection présidentielle.

Malgré une élection qui semble être d’ores et déjà jouée d’avance, Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe (un think tank basé à Moscou), estime que l’enjeu du scrutin est loin d’être insignifiant. "En Russie, les électeurs sont invités à trancher sur une personnalité au lieu d’un programme. L’objectif de l’élection présidentielle de 2018, c’est de donner une nouvelle légitimité à Poutine. Ce sera donc un référendum sur Poutine. Les autorités ont intérêt à démontrer que la Russie n’est pas la Corée du Nord ou le Turkménistan."

La personnalité

Un seul "trublion" peut perturber le plan parfait du Kremlin. Alexeï Navalny (42 ans), l’opposant numéro un au président Vladimir Poutine, a récemment appelé à boycotter l’élection: une première "grève des électeurs" est prévue le 28 janvier, en réplique à sa candidature à la présidentielle rejetée, fin décembre, par la Commission électorale centrale. Une décision "injuste" reposant sur des affaires "fabriquées" pour l’empêcher de concourir, d’après lui. L’avocat et blogueur âgé de 41 ans est empêtré dans plusieurs procès dont l’affaire Kirovles, dans laquelle il avait été condamné en février dernier à cinq ans de prison avec sursis, ce qui le rend inéligible en vertu de la législation russe. Pourfendeur de la corruption des élites, il s’était imposé à l’hiver 2011-2012, comme chef de file de l’opposition libérale hors système, en prenant la tête du mouvement de protestation dénonçant la fraude aux législatives. Le taux de participation réel sera donc une donnée importante à suivre lors du scrutin.

L’état des lieux actuel

75%
Intentions de vote
Le dernier sondage du centre Levada prévoit que 75% des électeurs ayant l’intention de se rendre aux urnes voteront pour Poutine.

A ce stade, les principaux prétendants au Kremlin admis au processus électoral sont, outre Poutine, Vladimir Jirinovski (dirigeant du Parti libéral-démocrate), Pavel Groudinine (candidat du Parti communiste) et Ksenia Sobtchak (journaliste proche de l’opposition). Le dernier sondage du centre Levada prévoit que 75% des électeurs ayant l’intention de se rendre aux urnes voteront pour Poutine. La deuxième place serait occupée par Jirinovski, avec 10% des intentions de vote. Navalny n’inspire confiance qu’à 2% des sondés, tandis que l’action du chef de l’Etat russe est approuvée par 81% de la population. "Navalny n’échappe pas à une forme de scepticisme de la population russe qui ne croit plus en la chose publique et a intégré la corruption comme un phénomène inévitable, qu’elle pratique d’ailleurs à son niveau. Une majorité de Russes, échaudés par les années 1990, souhaitent avant tout éviter les bouleversements et se satisfont du mode de gouvernement paternaliste de Poutine", explique Arnaud Dubien.

Le chiffre clé: 28%

L’abstention record en vue risque de ternir la victoire de Poutine. Selon un sondage du centre Levada, effectué en décembre 2017, seuls 28% des Russes se disent "certains" d’aller voter en mars prochain. De quoi inquiéter le Kremlin qui a récemment engagé les régions à faire le 18 mars prochain – jour du scrutin et quatrième anniversaire de l’annexion de la Crimée – un jour férié, afin de stimuler la participation au vote.

• 12-13 janvier: élection présidentielle en République tchèque
• 28 janvier: élection présidentielle à Chypre
• 28 janvier: élection présidentielle en Finlande
• 4 mars: élections générales en Italie 
• 18 mars: élection présidentielle en Russie
• Printemps: élections législatives en Hongrie
• D'ici juillet: élections législatives en Slovénie
• 9 septembre: élections générales en Suède
• 6 octobre: élections législatives en Lettonie 
♦ 14 octobre: élections communales et provinciales en Belgique
• 17 octobre: élections générales au Luxembourg
• D'ici novembre: élection présidentielle en Irlande
• Fin 2018: élections locales en Pologne

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